12.03.2007
Ministre de l'Education Nationale! Parlons en!
« Je suis devenu ministre, quatre années durant, de l’Éducation nationale : sans conteste le plus difficile, mais le plus beau ministère de la République ».
« De 1993 à 1997, les programmes de l’école primaire et du collège ont été réécrits et simplifiés, recentrés sur l’essentiel. Les langues vivantes ont été introduites à l’école primaire. L’éducation civique a été mise au premier plan.
Au collège, pour sortir des pièges du collège unique, j’ai créé des parcours diversifiés. J’ai renforcé l’apprentissage du français en classe de 6e. J’ai mis en place pour la première fois des études dirigées où les élèves de 6e et 5e ont été accompagnés par les professeurs.
Au lycée, j’ai défini les bacs nouveaux, L, S et ES. J’ai réformé les classes préparatoires aux grandes écoles.
A l’université, pour la première fois depuis plus de trente ans, une réforme globale a pu être menée à bien, et a été très largement approuvée. À l’entrée à l’université a été créé un semestre initial d’orientation. Le temps universitaire a été réorganisé en semestres, comme dans les autres pays européens. J’ai fait admettre le principe – hélas ! abandonné depuis — que tout diplôme du deuxième cycle devait intégrer un semestre dans une autre université européenne.
Nous avons permis la validation des acquis, prenant en compte, dans le cursus, des expériences acquises à l’extérieur de l’université.
Le sondage habituel fait par le journal Le Monde sur la satisfaction des parents face à l’école, a atteint le niveau le plus élevé jamais enregistré. Deux ans après que j’aie quitté le Ministère, il avait perdu entre vingt et trente points. »
« J’ai à traiter, en 1994, du ‘foulard islamique’, exemple le plus brûlant des questions posées aujourd’hui à la communauté nationale. Je fais effectuer un chiffrage : plusieurs milliers de voiles. Des garçons, dans certains lycées, menacent de troubler les cours si les professeurs n’abandonnent pas des parties du programme : ici c’est du programme de biologie qu’il s’agit et de la représentation du corps de la femme, là Ronsard et Rabelais sont déclarés impies.
J’ai compris que la liberté était bafouée, et qu’il fallait protéger l’école de la République. Les droits de l’homme commencent avec les droits de la femme. »
Après un été de concertations, François Bayrou tape, sur son ordinateur portable, la circulaire qui paraîtra le 20 septembre 1994 : « L’école est, par excellence, le lieu d’éducation et d’intégration où tous les enfants se retrouvent pour apprendre à vivre ensemble et à se respecter. À la porte de l’école doivent s’arrêter toutes les discriminations, qu’elles soient de sexe, de culture ou de religion. Cet idéal laïc et national est la substance même de l’école de la République et le fondement du devoir d’éducation civique qui est le sien. C’est pourquoi il n’est pas possible d’accepter à l’école la présence et la multiplication de signes si ostentatoires que leur signification est précisément de séparer certains des élèves des règles de vie commune de l’école. »
« En quelques mois– écrit-il ensuite — ce que j’espérais s’est vérifié. Le nombre des voiles a été divisé par dix. Sans qu’une seule fois les jeunes musulmanes, comme croyantes, ne soient injuriées ou blessées ».
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