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  • Après Seignosse, la résistance s'organise!

    Nous étions deux parmi les animateurs de ce blog à nous rendre à Seignosse. Les autres étaient retenus par leurs obligations professionnelles... ils ont raté un grand moment de phosphorisation lors des débats, des ateliers et des repas tout aussi animés!

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    Dès le 10 mai, le pari était risqué pour tous de créer ex nihilo un nouveau parti politique rassemblant des individus aussi divers. C'est également une première à notre connaissance sous la Vème République qu'un mouvement politique se construise spontanément tant dans ses statuts que dans ses thèmes à partir des apports de tous ses membres. Rappelez vous simplement pour comparer de la façon dont s'est créé l'UMP... Oh ce n'est pas si ancien; c'était en 2002. A la hussarde, en force. Quellle différence avec cette phase constitutive que nous connaissons avec le MoDem depuis 4 mois et ce jusqu'au congrès cet automne!

    Vous pourrez retrouver ci dessous en vidéo le discours de François Bayrou lors de la clôture des travaux du Forum des Démocrates. ou télécharcher au format pdf le texte de cette intervention : ici

    Mais , pour notre part, nous avons tout particulièrement apprécié le passage suivant

    "La question est celle-ci : soumission ou résistance au modèle dominant dans le monde ?

    Il y a un modèle dominant, extraordinairement efficace, extraordinairement puissant, extraordinairement performant, comme on dit, si du moins on considère que la performance se mesure uniquement à la puissance.

    Ce modèle dominant, contrairement à ce qu’on dit en France, on ne doit pas le qualifier de « libéral ».

    Du libéral, de la liberté, il en faut, et je ne crois pas que l’on puisse construire un projet de société humaniste qui ne prendrait pas en compte les principes qu’ont exprimé les grands penseurs libéraux. La liberté, c’est le premier des droits de l’homme, et comme vous le savez, l’habeas corpus l’a dit pour l’ensemble de l’Europe. Et la liberté c’est la condition d’une économie en bonne santé et d’une société en bonne santé.

    Ce modèle, c’est le modèle « inégalitaire », et même le modèle super-inégalitaire, que j’ai appelé récemment dans la revue « Commentaire » le modèle d’inégalité croissante. Le modèle où les inégalités s’accumulent, au travers des générations. Des fortunes très vite faites, notamment dans l’univers financier, et par la suppression des droits de succession, l’accumulation de patrimoine, l’accumulation du capital, qui se poursuit sur plusieurs générations, faisant de l’inégalité croissante le principe même de ce modèle.

    Une étude a parue cette semaine montre que l’augmentation du niveau de vie des Etats-Unis ces dernières années a profité, entièrement, aux 5 % les plus riches de la population américaine, et pour la moitié au 1 % les plus riches. Les 95 % autres, ceux qui travaillent, ceux qui triment, et qui travaillent beaucoup, et qui travaillent plus que nous, pour créer une croissance de l’ordre de 4 % par an, ceux-là ont stagné ou reculé ! Et cela est rendu possible, évidemment, par la pression continue que crée sur le marché du travail une immigration très importante, de l’ordre de 1,5 million / 2 millions de personnes par an, bien contents d’échapper à leur misère -et comment le leur reprocherait-on ?- et dont la présence toujours plus nombreuse explique que le prix du travail non qualifié baisse constamment. C’est une société inégalitaire, et ce n’est pas l’aspiration de la société française.

    Je veux être parfaitement objectif : cela a été pensé, non pas voulu, mais pensé : l’inégalité croissante comme moteur des sociétés -et c’est un moteur bigrement puissant- l’accumulation continue de capital au profit de quelques-uns ; la prééminence de l’univers financier, obsédante, qui fait que ce qui défile constamment au bas des écrans des chaînes d’information, inlassablement, ce sont les cours de la bourse ; l’influence incroyable de cet univers sur la politique américaine, puisque ce sont ceux-là, les mêmes, qui paient les campagnes des deux camps, tout cela c’est un modèle de société, et ce n’est pas le nôtre.

    Je croyais, je crois, je croirai toujours que face à ce modèle dominant, quand bien même tout le monde plierait, il y aurait toujours dans le monde une résistance, et que cette résistance, c’est celle de la France !

    Inégalité comme principe, ou égalité comme recherche, ceci définit deux projets de société. Égalité ne se résume pas à égalitarisme. La recherche de l’égalité réelle, de droits et de devoirs, a besoin d’être redéfinie, elle ne l’a pas été depuis longtemps.

    Et si j’ai eu depuis si longtemps une confrontation avec Nicolas Sarkozy, une confrontation politique, une confrontation sur le fond, c’est sur ce modèle de société.

    Voyez-vous, je connais Nicolas Sarkozy depuis longtemps. Nous sommes de la même génération. Nous avons exercé à peu près au même âge des responsabilités – Marielle peut en dire quelque chose, elle qui coordonnait les Etats Généraux de l’Opposition au début des années 90 avec Alain Madelin et Nicolas Sarkozy.

    J’admire son énergie, et il le sait. Je le lui ai dit. Il est brillant. Il ne baisse jamais les bras. Il sait communiquer. Il est tous les jours à la télévision, il est infatigable (c’est plutôt nous qui sommes fatigués, d’où la fortune de l’idée d’une journée par an sans Sarkozy à la télévision…), il est brillant, je lui ai dit qu’il est « vaillant », il s’occupe de tous les sujets, il a de l’organisation. Je ne suis pas en guerre avec lui, et encore moins en guérilla, parce que j’ai toujours pensé que quelle que soit la place qu’on occupe, au pouvoir, où il est, et même au pouvoir absolu, on va y revenir … ou hors du pouvoir, où nous sommes et où nous avons choisi d’être, quelle que soit la place qu’on occupe, on est co-responsables de l’avenir du pays, et il faut exercer cette responsabilité.

    Je n’ai pas de contentieux personnel avec lui, nous n’avons pas de cadavre dans les placards.

    Mais j’ai avec lui un conflit de valeurs. J’ai une confrontation sur les valeurs et cela va bien plus loin qu’une divergence sur les « mesures », comme on dit, qu’il faut décider et prendre. Les valeurs, c’est ce qui donne sens à la vie.

    J’ai été frappé depuis longtemps et je le suis encore plus depuis qu’il est au pouvoir, que tous ses choix montrent, même si parfois je soupçonne qu’il ne s’en rend pas compte, ou qu’il en minimise la portée, ses choix montrent qu’il conduit la France non pas à la résistance contre ce modèle dominant, mais à l’alignement sur ce modèle dominant !

    Les signes multipliés au monde de l’argent, au CAC 40, aux milliardaires, à l’univers du Fouquet’s, la « pipolisation » de la société, les vedettes éphémères, la vedettarisation de la politique, la jubilation des hot-dogs avec Bush père, Bush mère, Bush couple, - et que j’ai aimé ce jour-là que Cécilia Sarkozy ait une angine blanche !- et qu’aussitôt rentré on se précipite, toutes affaires cessantes, pour envoyer le ministre des Affaires étrangères en Irak, pour y dire tout haut ce que l’administration américaine pense tout bas, et que le ministre de la Défense vienne et explique sans précaution, sans introduction, que, toutes affaires cessantes, il faut cesser de « chipoter » et qu’il faut dare-dare rentrer dans l’OTAN, tout cela - chacun des gestes, pris individuellement, pourrait être maladresse, hâte de novice, geste improvisé – eh bien tout cela fait un système, et ce système, je le crois, ce n’est pas le choix fondamental, historique, des valeurs de la France."

    Non, en effet, notre pays mérite mieux que "le concours de lèche permanent, le cirage de pompes, devenu un sport national !! "

  • 5 colonnes à la Une de Marianne (8ème épisode et dernier épisode)

    Dernier épisode de la série : Polémique, composite… Après en avoir débattu tout l’été, Jean-François Kahn explique les spécificités de la Une du magazine Marianne : les différences avec les autres titres, la volonté d’éviter les « marronniers », le rapport à la pub...

     

     

     

  • 5 colonnes à la Une de Marianne (le 7ème épisode)

    Nicolas Sarkozy élu président, Marianne fait sa une en reprenant la phrase de Jean-Paul II « n'ayez pas peur ! » N'est-ce pas un peu paradoxal, après deux ans de mise en garde contre Sarkozy ? Pourquoi avoir tant chargé cette une de projets pour les républicains ? La rédaction de Marianne a-t-elle rencontré Sarkozy ? Jean-François Kahn revient sur les conditions de ce numéro.

     

     

    Demain, le dernier épisode…