29.08.2008
Pour Barack OBAMA, Sarkozy a tout faux !
Hier à Denver, pendant la Convention Démocrate, c’était le grand discours d’intronisation du candidat Barack Obama, dont l’Elysée s’est très récemment vanté d’un coup de fil à l’adresse de Nicolas Sarkozy pour (nous citons) recevoir ses conseils (Sic !).
Nous avons bien écouté ce discours (que vous pouvez consulter in extenso ci-dessus) et, à son étude, il apparaît clairement que le candidat à la Présidence des Etats-Unis est totalement à l’opposé tant du candidat que du président Sarkozy. En effet, constatez par vous-même :
Alors que Nicolas Sarkozy n’a eu de cesse, pendant sa campagne et depuis son élection de répandre à longueur d’interviews et de meetings son indécrottable assurance et sa foi dans un système économique qui privilégie, toujours plus, d’abord ceux qui vivent le mieux dans notre pays, Obama, en avance lui sur le modèle dominant actuel, propose de rompre avec cette légende :
Parlant de John Mac Cain, son concurrent républicain, il lâche « Depuis plus de deux décades, il adhère à cette vieille philosophie républicaine dépassée : donner toujours plus à ceux qui ont le plus et espérer que la prospérité finisse par s’instiller goutte à goutte sur les autres, en bas ; A Washington, ils appellent cela la société de la propriété mais ce que cela signifie en réalité c’est « ne comptez que sur vous ». Sans travail ? Comptez sur le coup de bol. Pas de sécu ? Le marché y pourvoira. Né dans la pauvreté ? Elevez vous par votre propre milieu même si vous n’avez aucun appui. Vous êtes tout seul. »
Rappelons-nous également les nombreuses insistances du programme Sarkozy l’année dernière en matière de crédit hypothécaire pour l’accession à la propriété (voir son discours du 14/09/2006 lors de la « convention pour la France d’après », celui à Saint Quentin le 25/01/2007, celui du lendemain au futuroscope de Poitiers, ou celui de Nantes du 15/03/2007 ou enfin sa conférence de presse sur le programme présidentiel du 28/04/2007 soit quelques semaines avant l’explosion de la crise des subprimes) ! Ainsi, notre président cathodique, à l’époque, proposait de développer en France le refinancement hypothécaire inspiré du modèle américain, cela supposait la création de super(s) Caisse(s) des Dépôts et Consignations assumant un rôle comparable à celui des Governement Sponsored Enterprises qui s’écroulent justement aujourd’hui aux USA avec la crise des subprimes ! Quelle prescience économique décidemment…et dire qu'il était supposé avoir tout prévu avec son équipe...
Enfin, là où les réformes économiques agitées en tout sens depuis un an et demi en France n’ont eu pour seul résultat que de prélever toujours plus sur la classe moyenne ou pauvre, le leader Démocrate américain lui, entend rompre avec ces vieilles lubies conservatrices pour résoudre les défis économiques du XXIème siècle avec des mesures fiscales plus justes et équitables.
En France, on applique le credo tant entendu dans les années 80 aux cafés du commerce réactionnaires.
- Ce fût le cas hier avec les franchises médicales, les suppressions d’abattement total de la redevance pour les personnes âgées.
- C’est le cas aujourd’hui avec le financement du RSA par un prélèvement supplémentaire ne touchant finalement que les petits porteurs et épargnants, les plus gros étant définitivement protégés par le bouclier fiscal sarkozien.
- Ce sera le cas demain avec l’augmentation inéluctable des cotisations de mutuelles, la réduction de l’intéressement et de la participation des employés qu’on va rendre moins attractive et l’augmentation des services publics.
Barack Obama, pour l’Amérique, a lui une autre vision : « Le changement signifie un code fiscal qui ne récompense pas les lobbyistes qui l'ont écrit, mais les ouvriers américains et les petites entreprises qui le méritent. À la différence de John McCain, je cesserai de donner des allégements fiscaux aux sociétés qui embarquent les emplois hors du pays, et je commencerai à les donner aux compagnies qui créent de bons emplois ici en Amérique. J'éliminerai des impôts sur les plus-values pour les petites entreprises et les créateurs d’entreprises qui créeront les postes à hauts salaires et les emplois high-tech de demain. Je diminuerai des impôts – DI-MI-NUE-RAI LES IMPOTS ! - pour 95% de toutes les familles actives. Puisque dans une telle économie, la dernière chose que nous devrions faire serait d'augmenter des impôts sur la classe moyenne. »
En fait, vous l’aurez compris, loin d’une pseudo complicité, que les services de presse de l’Elysée voudraient nous faire gober (pour améliorer l’image de leur patron), entre les deux hommes, tout les oppose en matière économique ! Philosophiquement, ils sont même diamétralement opposés :
- Notre président bave devant les puissances d’argent et est servile avec ses puissants homologues (Hu Jintao, Poutine, Assad et autres Kadhafi…), pendant qu’Obama revendique sa distance par rapport aux lobbies et aux grandes fortunes.
- Notre Chef d’Etat pense que la solution de tous nos maux est que les travailleurs pauvres travaillent plus ! Même le dimanche s’il le faut ! Que les chômeurs cessent de faire les difficiles et prennent n’importe quel boulot ! Même à deux heures de chez eux ! Et quitte à prendre un boulot sous qualifié !
Le leader Démocrate insistait hier à Denver sur une mesure totalement différente de ce qui constitue le progrès pour une nation : « On ne mesure pas la force de notre économie par le nombre de milliardaires que nous avons ou aux gains des 500 plus grandes fortunes mais plutôt en constatant si quelqu'un avec une bonne idée peut prendre un risque et commencer des affaires nouvelles, ou si la serveuse qui vit de ses pourboires peut prendre un jour de congé pour s'occuper d'un enfant malade sans perdre son travail - une économie qui honore la dignité du travail. »
La politique actuelle, comme l’a dit, redit et rappelé François Bayrou, n’innove en rien ; elle n’est que l’application en fait, des vieux fantasmes conservateurs et rétrogrades qui ont germé dans les années 80 dans les cercles aigris de caciques faussement désignés comme « libéraux » ! Les vieilles recettes employées en France aujourd’hui n’ont réussi ces 20 dernières années qu’à creuser toujours plus les inégalités. Monsieur Sarkozy en est le promoteur aujourd’hui dans notre pays, mais vous verrez que, lui qui aime tant copier ce qui vient des Etats-Unis, finira, dans 20 ans, par enfin prôner le même idéal ! Il aura eu, comme toujours, 20 ans de retard ! La France, elle, ne peut se permettre une folie de plus ! Il n’y a donc qu’une solution pour notre pays : que la parenthèse actuelle se referme le plus tôt possible !
Alors nous, ces histoires de coup de fil… vous comprenez pourquoi ça nous fait doucement rigoler !
18:08 Publié dans dette publique - budget | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : barack obama, bayrou, démocrates, denvers, rsa, fiscalité |
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Commentaires
C'est vrai que ces gougnafiers ont eu le toupet de communiquer sur ce fameux coup de fil et d'en faire le gage d'une efficience econnue même par les démocrates aux USA!
Bien vu votre billet! C'est vrai que OBAMA est diamétralement opposé aux thèses faciles et simplificatrice de l'UMP et de son leader de pacotille! Bon sang mais les électeurs de droite raisonnables et les élus sincères vont bien finir par se réveiller et voir où les valets des plus puissants nous conduisent! Vont-ils, par couardise, par intérêt se taire plus longtemps?...
Écrit par : Gandalf | 29.08.2008
Barack, décidemment, les sarkozstes sont prets à lui fairedire n'importe quoi!
Vous verrez sous peu Carla va faire une revelation dont elle a le secret :
"Barack m'a confié qu'il envie la classe naturelle de Nicolas. Si si..."
Écrit par : baraque Oh, bats-moi | 29.08.2008
ici on a abordé le sujet économique qu'en est il de la politique étrangère. Obama et Sarkozy, c'est exactement la même vision.
Pour ce qui est de la politique économique, obama vend la politique démocrate comme l'a fait avant lui Clinton. ça n'avait pas changé grand chose parce qu'aux usa un président fédéral ne peut pas tout faire à l'échelle des états unis. Le prédident a un pouvoir important en politique étrangère.
Écrit par : houhou | 29.08.2008
excellent billet merci!
Écrit par : Patricia Gallerneau | 29.08.2008
Le Sarkomediatour dirait qu'il a reçu un appel de Jesus Christ s'il pouvait!...
Écrit par : mateus | 02.09.2008
Entretien à Canal +, Obama déclare à propos du président français :
" C’est un homme énergique, avec beaucoup de talent. Je suis impressionné par sa façon de regarder les problèmes spécifiques à la France avec un regard neuf. Il n’est pas pieds et poings liés par des traditions pesantes ou des dogmes. Il est un exemple pour de nombreux dirigeants. Dans la politique, aujourd’hui, il faut regarder les choses avec une vision nouvelle. Je veux me rendre en France et le rencontrer dès que j’aurai remporté l’investiture. Je veux voir avec lui comment nous pouvons encore fortifier les relations franco-américaines."
Je suis tout à fait de son avis.
Mais si le fait de penser signifie que nous sommes des crétins, alors Obama, dont vous vantez les mérites et les idées, en est un également, finalement !
Écrit par : sophie | 06.11.2008
@Sophie
Nous vous rappelons que nous ne sommes absolument pas des Obamaniaques. Que notre préférence allait nettement à Mike Gravel ou, à défaut à Dennis Kucinich.
Quant à l'entretien qu'aurait donné Barack Obama (Le prénom avec un "C" avant le "K" final contrairement à la lettre de félicitation qu'à expédié notre Omni-candidat au leader démocrate après son élection héhé... NDLR) s'il est très élogieux vis à vis du président français et que vous semblez partager ces éloges... nous n'en avons pas eu connaissance mais seulement de la fin de non recevoir récente que le président élu des EU a opposé à l'invitation en France!
Écrit par : Alcibiade | 26.11.2008
Une autre différence trouvée sur un blog socialiste ici :
http://www.lozere-socialiste.fr/archives/472
C'est assez juste et ce billet revient sur une question posée à Sarko lors de la conf de presse d'Obama en France relevant la contradiction du président français qui lui traitait les jeunes de banlieue de "racailles". On sent qu'il est à deux doigts de predre ses nerfs!... Curieusement cette question, il me semble, et la réponse nerveuse de l'omni-candidat, je ne me souviens pas que les media tv les aient reprises...
Écrit par : Marius | 29.11.2008
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