19.02.2009
R' évolution, quand tu nous tiens!

Encore une fois, nous nous sommes faits taguer. Cette fois par Olivier Azeau dans le cadre d'une chaine lancée par notre bon Hervé Torchet.
Le thème : Révolution, tout le monde connaît, mais R'évolution, que pourrait vouloir dire ce mot en 2009 :
- dans nos institutions ?
- dans notre porte-monnaie ?
- dans l'Europe ?
- dans la planète qui crève ?
Une interprétation libre en quelque sorte!...
La réponse est fort simple pour ce qui nous concerne.
Tant que ce président et sa cour seront aux commandes de notre pays, les institutions vont perdre peu à peu les dernières traces d'équilibre des pouvoirs qu'elles garantissaient parce qu'ils auront réussi une maskirovka qui est déjà à l'œuvre pour limiter toute pratique des autres pouvoirs que l'exécutif dans les faits. Donc aucune révolution sur ce plan là! Aucune évolution non plus! Une régression.
Pour les trois autres sujets, il en est de même : aucune évolution positive pour tous! Aucune révolution non plus!
Et faut-il le regretter?...
Les révolutions telles que nous les connaissons ont surtout tendance à se produire en période de croissance. C'est le choc précisément entre la croissance et une mauvaise répartition des fruits de celle-ci qui engendre les climats révolutionnaires. Mais ces périodes pré-révolutionnaires peuvent voir le jour parce qu'un espoir est largement partagé dans la population.
Une catégorie de la population, consciente de sa force et de ses chances de changer à son profit l'ordre établi, prend alors l'initiative ou profite du mécontentement général pour "prendre le pouvoir".
Considérant la situation économique et le désespoir général actuel, tout conflit n'aurait-il pas pour conséquence de dégénérer?
Les troubles sont possibles bien entendu. Mais les perspectives manquent.
Y a t-il une aspiration coordonnée à changer de régime? Non.
Un espoir fondé sur un modèle alternatif crédible? Pas encore.
La rigidité du pouvoir et sa propension à utiliser la peur pour légitimer sa façon de s'arcbouter sur ses positions sont inquiétantes et laissent craindre le pire en matière de gestion de crise...
Une révolution suppose le remplacement d'un ordre dépassé par un nouveau. Insurrections, émeutes, soulèvements n'ont pas la même portée. Aucune finalité ne s'y attache. Le simple assouvissement immédiat d'un ras le bol (insurrections), d'un besoin de prendre ou de détruire (émeutes), ou de refuser l'ordre établi (soulèvements) n'ont pas de finalité politique, pas pour objectif d'imposer une autre voie...
Cela peut paraître pessimiste... mais nous avons bien écrit "tant que"...
La seule évolution sensible tant qu'ils seront là, c'est un toujours plus ravageur cynisme affiché et assumé. Broyer tout ferment de concorde civile, stigmatiser des catégories d'individus successives (chercheurs, chômeurs, immigrés, enseignants…) et susciter toujours plus les clivages et les affrontements entre les français. Donc toujours une régression!
Par contre, la question initiale d'Hervé prend toute sa signification sur un autre plan : la conscience des citoyens! Ce pouvoir brutal, vexant, toujours déterminé à s'agiter et à livrer l'autre sur la place publique va probablement heurter les consciences de plus en plus de nos concitoyens. Plus encore qu'en 2007 et 2008, les français vont peu à peu s'interroger sur le sens profond du pouvoir actuel, puis analyser les résultats au regard de la débauche d'annonces, de soutiens médiatiques et d'appuis des puissants et finalement constater sa vacuité. Ils vont alors rejeter pour longtemps les femmes et hommes qui auront été les acteurs et complices du pouvoir actuel. Mais ils vont aussi se méfier désormais du simplisme des slogans et commencer à chercher des femmes et des hommes, des concepts qui rassemblent, qui innovent et qui sont simplement authentiques et tournés vers la progression réelle de tous.
Solidarité, liberté, écologie appliquée, autant de notions déclarées ringardes par les tenants du winner bling-bling mais qui, aujourd'hui vont naturellement, comme un gigantesque boomerang revenir à la tronche de ceux qui ont favorisé la parenthèse politique en cours. Celle-ci, au yeux de l'histoire apparaîtra donc comme une souillure sur la pourtant longue évolution de notre pays en matière de libertés publiques et de démocratie républicaine. Mais l'histoire retiendra aussi, sans doute que c'est justement la crise qui fit tomber les masques plus facilement et recentrer les femmes et les hommes vers l'essentiel!
Qui sait si les historiens incrédules dans l'avenir ne verront pas cette période que nous traversons comme celle d'une incroyable Régression nourrissant l'EVOLUTION à venir!...
… La R'évolution!
Allez, voyons maintenant comment s'en sortiront les blogueurs suivants : Marie Laure (notre complice dans le buzz familial), Olivier (l'homme-clé de la future "plus puissante fédération MoDem" de France d'après un des nôtres), l'Hérétique (notre poil à gratter intellectuel) et (osons!) Christophe Ginisty (initiateur avec Antonin et tant d'autres des nouveaux outils Démocrates).
21:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : chaine, tag, révolution, évolution, 2009, institutions, europe, écologie |
|
del.icio.us
|
|
Digg











Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://lafrancedetoutesnosforces.hautetfort.com/trackback/2055527
Commentaires
Bonjour Alcibiade
A propos du buzz familial, vous avez été cités dans le Vendredi du jour :-)
Pour le tag, je ne sais pas si je dois vous remercier parce que le sujet n'est pas à traiter à la légère et que vous mettez la barre très haut :p
Bon allez, je pars y réfléchir (en plus hervé m'avait déjà tagguée sur le sujet je suis hyper en retard !)
Ecrit par : marie laure | 20.02.2009
Bonjour Alcibiade
Je vous écris un billet très bientôt sur le sujet, mais je sais déjà ce que je vais vous répondre.
Ecrit par : L'hérétique | 20.02.2009
C'est très intéressant ! On devrait constituer une bibliothèque des meilleurs articles de la blogosphère orange...
Avez-vous lu le livre de JF Kahn sur un sujet similaire ?
Ecrit par : florent | 21.02.2009
@ Marie Laure : Oups... on savait pas. Vendredi aurait mieux fait de retenir ton deuxième billet sur le sujet qui est un exemple de travail de décryptage!
@ florent : "Demain la révolution" ? il y a longtemps. Déjà en effet, il s'interrogeait sur la capacité d'un peuple de supporter plus longtemps les atteintes.
Plus récemment "La richesse révolutionnaire" d'Alvin Toffler pour l'Alcibiade actuellement au clavier!
Bien que Toffler tourne souvent autour de thèses trop optimistes, ce bouquin, écrit avant le début de la crise, mentionne déjà un changement de paradigme nécessaire. Notamment pour prendre enfin en compte toutes les activités gratuites, volontaires fournies par les Hommes dans les modèles mathématiques et économiques.
Ecrit par : Alcibiade | 21.02.2009
Ah non je ne connaissais pas celui-là... Je pensais au récent "Où va-t-on ? Comment on y va - Théorie du changement par recomposition des invariances", j'en suis à la moitié... mais les frasques d'une certaine Valérie et de sa petite bande m'obligent à lire d'autres textes et à laisser ce livre en attente...
Ecrit par : florent | 21.02.2009
Pas lu encore ce titre là non. A priori d'après les critiques :
"En d'autres termes, la rupture est impossible, le conservatisme est mortifère. Mais quand elle prend la forme d'une recomposition des invariances, en particulier autour d'un nouveau centre, la réforme devient toujours radicalement révolutionnaire.
Or, cette révolution qui replace non plus l'Etat ou le capital mais l'homme au centre, n'a jamais été aussi nécessaire."
On comprend mieux l'analogie soulevée florent avec notre texte en effet!
Ecrit par : Alcibiade | 21.02.2009
Bonjour Alcibiade
Merci pour cet excellent article très instructif.
Si cette regression que nous vivons nourrit l'évolution de demain... J'espère qu'elle ne sera pas une recomposition des invariances à la manière de JFK.
Je rêve qu'elle sera, plutôt, une prise de contrôle de l'homme qui replacera, lui, le politique à sa juste place, dans son rôle, au service de tous.
Cordialement
Françoise Blanche
Ecrit par : passage | 26.02.2009
Merci de votre commentaire Françoise. Votre "passage" nous fait plaisir.
Les "invariances" mentionnées par JFK recouvre précisément, à notre connaissance, ce qui ne devrait jamais varier. Dont le rôle originel du magistrat (au sens grec) c'est à dire être au service de la cité.
Ecrit par : Alcibiade | 27.02.2009
Les commentaires sont fermés.