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Méthodes et Pratiques politiques - Page 5

  • Le pouvoir se prend les pieds dans l’affaire Pérol

    sarkozy-promesses-bois-3.jpgNous ne pouvons que vous inviter à visionner l'émission d'hier de Riposte pendant laquelle le porte-parole le plus sarkozyste de l'UMP, Frédéric Lefebvre, mis en cause aussi bien par Corinne Lepage (MoDem), qu'Edwy Plenel (Mediapart) ou Marie-Pierre de la Gontrie (PS), a accumulé les bourdes, les aveux et les vaines dénégations de ses propos précédents (pourtant publiquement vérifiables héhé...) et dérobades qui ne parviennent plus à cacher aujourd'hui l'inconséquence du personnage.

    Rien n'y fît et ni Charles Pasqua, ni Maître Francis Szpiner, n'ont pu venir à la rescousse de sa débandade télévisuelle ! Un pur plaisir de voir publiquement démasqué la phraséologie Elyséenne dans l'affligeante tentative de nomination en force (sans avis de la commission de déontologie administrative NDLR) d'un prôche du chef de l'Etat, François Pérol, à la tête du deuxième groupe financier du pays.

    Durant ce débat, Edwy Plenel rappelait la dernière révélation de son site d'information, Mediapart, concernant une nouvelle affaire Pérol antérieure à cette nomination pour le moins contraire aux règles en vigueur.

    En effet, il y a plus de trois ans déjà, en 2006, François Pérol avait déjà quitté l'administration après avoir été directeur adjoint du cabinet de Nicolas Sarkozy, alors à Bercy où il suivait notamment le dossier du rachat d'Ixis par la Caisse des dépôts et consignations, opération initiant la création de Natixis.  Devenu associé-gérant de Rothschild & Cie, la banque d'affaire chargée de fusionner les deux banques d'investissement des groupes Caisse d'Epargne et Banque Populaire, il fût l'un des deux banquiers chargés de piloter le dossier Natixis et aurait même touché pour cela une commission oscillant entre 1,5 et 2 millions d'euros, soit 10 à 15% du total perçu par Rothschild & Cie.

    Or, pendant trois ans, il n'avait pas le droit de travailler sur ce dossier. Comme l'a rappelé dans un entretien à La Croix Michel Bernard, ex-président de la Commission de déontologie : « La loi interdit à un fonctionnaire de travailler dans une entreprise privée qu'il contrôlait ou surveillait dans le cadre de ses fonctions précédentes. La commission de déontologie est chargée d'apprécier la compatibilité de toute activité lucrative dans une entreprise avec les fonctions exercées au cours des trois années précédant le début de cette activité. »

    Lorsqu'il a demandé sa mise en disponibilité pour rejoindre la banque Rothschild, ce point lui a évidemment été rappelé par écrit à l'époque puisque l'aval de la commission précisait expressément "sous réserve qu'il s'abstienne de traiter toute affaire dont il a eu à connaître dans ses fonctions à la direction du Trésor et au cabinet du ministre, ainsi que de conseiller la direction du Trésor". On voit ce que l'intéressé fît de cette réserve !...

    Alors où est dans ce cas l'application des règles de Droit et des codes de déontologie par les amis du pouvoir ?

    Si les informations révélées par Mediapart étaient confirmées, elles confirmeraient que la dernière nomination à la hussarde de Pérol avait, en fait, connu un précédent en 2006.et qu'il s'agit alors d'un véritable scandale d'Etat. Sans doute ce qui met si mal à l'aise les zélés défenseurs du Chef de l'Etat !

    Enfin, pour parachever le désordre le 13 mars 2009, Nicolas Sarkozy signait un décret pour protéger Pérol en feignant « d'accepter » a posteriori sa démission de la fonction publique ! Un aveu de faiblesse évident de la part du pouvoir et comme le dit Laurent Mauduit sur Mediapart :  "En clair, le décret vient nourrir le dossier pénal [...] Enfin, cette démission de François Pérol fonctionne aussi comme un aveu."

     

     

  • Le président, les palaces, les yachts et l'Elysée

    mariachi.JPGVoyez-vous, au risque de surprendre, le palace mexicain fréquenté par Nicolas Sarkozy le week-end dernier, cela nous choque beaucoup moins que le yacht de son copain Bolloré sur lequel, à peine élu, il "s'imprégnait de sa fonction" en mai 2007. Parce que dans le premier cas, il ne s'agit pas d'un symbole en soi! Ce que fait un président juste après son élection, par contre, participe du symbole que l'on veut donner à son mandat. Et pour le coup, ajouté à la private party du Fouquet's avec les people et les plus grosses fortunes françaises (et canadiennes, nous en reparlerons...) ... ça a donné sacrément le ton de ce qu'est cette présidence bling-bling.

    Certes, il y a de l'indécence en pleine crise économique en France, alors que de plus en plus de français vont souffrir de l'injustice des mesures gouvernementales, à fréquenter le palace le plus cher d'Amérique latine, mais après tout, il est comme ça! Egotiste, m'as-tu-vu, bling-bling. L'avez-vous déjà vu passer des vacances dans autre chose que quelque chose de cher? Ce serait un peu pour lui comme si son copain Seguela appréciait un homme de plus de 50 ans sans Rolex...

    Non, nous, ce qui nous revulse bien plus c'est que là où il y a de la gène, l'Elysée prend plaisir! Car ça c'est autrement plus directement lié à ses fonctions et c'est inacceptable!

  • Vous avez dit crispation? Le pouvoir est en train de se braquer

     

     

    Sarko13.JPGLa lecture des derniers billets de Napakatbra, blogueur vigilant, nous éclaire sur la métamorphose du pouvoir à laquelle nous assistons depuis quelques semaines et qui est plus qu'inquiétante.

     

    Il ne s'agit plus ici des fanfaronnades d'un président égocentré, des déclarations à l'emporte pièce d'un Lefebvre, des justifications mielleuses d'un Bertrand, d'une Dati ou des attaques hargneuses d'une Morano ou d'un Copé pressé.

     

    Déjà étaient contestables les fondements de la politique sarkozienne, sa rupturologie aveugle, l'injustice etl'inégalité croissantes qu'elle véhicule.

     

    Déjà la forme prise par l'exercice de la fonction présidentielle, le phénomène de cour, le favoritisme et la pipolisation érigés en pratiques constantes d'une nouvelle forme dépravée de promotion des plus zélés thuriféraires étaient en porte à faux par rapport à l'essence de la République et des valeurs profondes que sont fiers encore de porter collectivement les français.

     

    Mais il y a une marge entre la mauvaise foi politique, la présentation tronquée des faits et réformes en cours et ce qui est sur le point de se concrétiser dans notre pays.

     

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    Ne sentez vous pas comme une odeur particulièrement nauséabonde?

     

    Lorsqu'on ne considère que les derniers développements et qu'on se borne à les mettre en perspective avec la dérive depuis déjà de nombreux mois, on ne peut qu'être inquiet :

     

    Au Parlement, sous couvert d'une réforme constitutionnelle aussi inutile, bâclée que dangereuse, le pouvoir a fait avaler aux parlementaires dans la pratique une mise sous coupe réglée au seul profit de la majorité présidentielle.

     

     

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    Le mépris affiché et assumé à l'égard de l'autorité judicaire n'a eu de cesse de limiter les derniers degrés de liberté que celle-ci pouvait manifester, de brimer les réfractaires, de limiter les moyens disponibles . Il ne reste plus que l'indépendance du juge d'instruction. Qu'à cela ne tienne, le pouvoir a déjà prévenu de sa suppression.

     

    Les mises au pas des préfets (Saint-Lô, Corse), les dénigrements et déstabilisations des responsables militaires, les pressions sur les administrations hospitalières, tout s'oriente peu à peu vers le verrouillage de tous les acteurs clefs de la puissance publique que renferme la haute administration.

     

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    L'attaque en règle (réforme en cours des collectivités territoriales) des seuls pouvoirs politiques jugés non-conformes parce que majoritairement détenus par l'opposition est appuyée par la diminution prévisible des moyens qui leur seront attribués.

     

    La nomination d'un proche conseiller à la tête de ce qui constituera le deuxième établissement financier du pays sans respecter la procédure d'avis préalable de la commission de déontologie administrative est si symptomatique d'un mode de gestion autocratique.

     

    Enfin dans les media, tout le monde peut constater:

    • Les liens particuliers avec nombre de dirigeants des grands media
    • La mise sous tutelle des directions de l'audiovisuel public
    • La dernière volonté de contrôle d'internet en contradiction avec les principes fondamentaux et les textes européens.

     

    Force est de constater que tout converge vers une volonté de contrôle absolu de tous les contre-pouvoirs.

     

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    Mais cela se voit! Cela ne passe plus! L'opinion publique ne cautionne plus et s'aperçoit de la supercherie. La tension monte.

     

    Et comment réagit le pouvoir?

     

    Il se braque,

     

    il se renferme,

     

    il se bunkerise.


    Etat de siège dans l'Ain : Sarkozy visite Plastic-Omnium...  (reportage Arte Info)
    envoyé par Napakatbra

     

    Chaque déplacement est maintenant l'occasion d'un bouclage total du périmètre comme le mentionne le blog "Les mots ont un sens". Eviter tout contact avec la France réelle, prévenir tout dérapage verbal fâcheux pour l'image et ne permettre qu'aux militants de l'UMP d'approcher pour donner l'illusion d'accueil chaleureux semblent devenir les règles des dernières sorties présidentielles.

    Toute contestation est niée, toute règle de Droit est contournée, tout échec est censuré.

    Où va-t-on? Déjà la démocratie était mise à mal depuis deux ans. Mais ne sommes-nous pas en train d'assister à une escalade à marche forcée vers une nouvelle étape? Un absolutisme présidentiel? Et après?...

     

     

    A lire également sur le blog "Les mots ont un sens" :