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gauche - Page 3

  • Réponses aux tirs concentrés sur François Bayrou

    Dans un article du Figaro intitulé « PS et UMP concentrent leur tir sur François Bayrou », Philippe Guouillot reprend les propos des deux candidats des blocs ( http://www.lefigaro.fr/election-presidentielle-2007/20070222.FIG000000237_ps_et_ump_concentrent_leur_tir_sur_francois_bayrou.html ) Nous avons pensé utile de clarifier le débat en répondant point par point aux thèses défendues par les détracteurs de François Bayrou (en bleu ci-après) Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy haussent le ton contre le candidat UDF.

       TOUS contre François Bayrou. Depuis que le candidat centriste grimpe dans les sondages, il est devenu la cible privilégiée de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal. Les deux candidats qui font la course en tête ont vu le danger de laisser prospérer, sans réagir, l'idée qu'il serait possible de sortir du clivage droite-gauche, de former un gouvernement d'« union nationale ». Avec, éventuellement à sa tête, un premier ministre de gauche.  

    Mardi soir, à Rennes, la candidate socialiste, dont Bayrou lorgne l'électorat, l'a accusé de « chercher à brouiller les cartes ». « Par le passé, dans la vie politique, ceux qui se disent ni de droite ni de gauche n'ont-ils pas fini toujours par tomber du même côté ? »

     

    A qui donc Mme Royal fait-elle référence ? Aux millions de citoyens qui ne se reconnaissent ni d’un camp ni d’un autre ?  A tous ceux qui en France regardent avant tout les convictions de fond, le dévouement et la compétence que présentent les candidats à chaque occasion électorale et qui n’hésitent pas à voter pour un maire socialiste, un député centriste et un président chiraquien ? Quel mépris ! Heureusement que le débat et les consultations électorales ne se limitent pas à une étiquette, à un clivage organisé ! D’ailleurs si les Françaises et les Français étaient aussi manichéens ils ne seraient pas 97% à n’être adhérent d’aucune formation politique !

     

    Hier, sur France Info, Royal a enfoncé le clou, en demandant à Bayrou « une clarification » car, « dans les communes, les départements, les Régions, jamais les élus de l'UDF ne viennent conforter des majorités de gauche ».

     

    D’une part, il faudrait que les président(e)s des collectivités locales auxquelles Mme Royal fait référence, ouvrent les exécutifs locaux aux membres des autres familles politiques. Lorsque c’est le cas, particulièrement dans les petites et moyennes communes, les élus trouvent ensemble les solutions qui s’imposent. D’autre part, Madame Royal oublie que même en l’absence de participation aux exécutifs locaux il n’est pas rare de voir des décisions votées par des élus de toutes tendances lorsqu’elles participent de la raison, de l’intérêt général et non de la guerre permanente et revancharde.  

    Logique des blocs  

    Sarkozy, finalement, n'a pas dit autre chose. Bayrou a « un projet curieux » : « prendre un peu de gauche, un peu de droite, un peu de centre » pour faire « un melting-pot », pour former un « gouvernement improbable ».

     

    Enfin, le candidat de l’UMP se dévoile ! Finies les référence à Jaures, Blum ou Guy Moquet ! Terminé le mythe d’un candidat qui aurait changé ! Oubliées les paroles jetées en pâture aux ouvriers d’ Alsthom. Au fond, lorsqu’on le pousse un peu dans ses retranchements, il avoue lui-même qu’au fond il est droit dans ses bottes, arc-bouté sur ses valeurs néo-conservatrices et ultra-libérales d’origines américaines ! Pas question de pragmatisme et d’appliquer en France ce qui n’appartient pas au dogme même si les solutions en cause ont fait leurs preuves ailleurs. Quant au gouvernement improbable, le candidat de l’UMP semble oublier la grogne dans ses propres rangs de tous ceux qui aujourd’hui aspirent à dialoguer, à proposer des réformes viables parce que mises en œuvre avec l’assentiment de tous les acteurs plutôt que de provoquer, invectiver et courir le risque d’un conflit permanant à terme avec l’opinion.

     

    Hier, sur RTL, le président de l'UMP a rappelé, en forme d'avertissement, que « la totalité des parlementaires UDF sont élus avec les voix de la droite et du centre ». Manière de rappeler aux sortants centristes que leur sort est entre les mains de l'UMP qui, jusqu'à présent, n'a pas investi de candidats contre eux.

     

    Voilà la vraie différence de nature entre les deux hommes ! François Bayrou lui ne menace personne ! il ne propose pas d’ouverture-débauchage. Les personnes qu’ils nommera au gouvernement ne seront pas sommées de quitter leurs formations respectives. L’anathème ne fait pas partie de la logique Bayrou.  

     

    Pour le vice-président de l'UMP, Jean-Claude Gaudin, le discours de François Bayrou « peut séduire ». Mais cette « forme nouvelle de gouvernance » ne peut pas marcher, car « dans la Ve République, il arrive un moment donné où on est bloc contre bloc, où on est d'un camp ou on est d'un autre », a-t-il dit.

     

    Jean-Claude GAUDIN fait, décidemment un bien piètre professeur d’histoire (NDLR : il enseigna pendant plus de 15 ans comme professeur d’Histoire-géo au collège et lycée Saint-Joseph les Maristes à Marseille). Il a eu bien raison de se reconvertir dans sa profession d’apparatchik . Mais son crédit n’y gagne pas et surtout il ne fait pas avancer le débat. Rappelons en effet à Monsieur GAUDIN, que rien dans la constitution de 1958 n'interdit au président de la République de choisir un Premier ministre qui compose avec lui un gouvernement à spectre politique large - sous réserve d'acceptation par le Parlement. Rien (heureusement) n’oblige les parlementaires à un vote unanime de groupe et les règlements des deux assemblées  condamnent même les pratiques en ce sens. Les hommes et les femmes, mêmes députés ou sénateurs sont libres de se prononcer au Parlement dans le sens de leurs convictions ! Enfin, pour l’ancien prof d’histoire, rappelons ce propos de celui qui fût l’initiateur et le premier Président de la Vème république  : "La France, c’est tout à la fois, c’est tous les Français. C’est pas la gauche, la France ! C’est pas la droite, la France ! Naturellement, les Français comme de tout temps, ressentent en eux des courants. ...Prétendre faire la France avec une fraction, c’est une erreur grave, et prétendre représenter la France au nom d’une fraction, cela c’est une erreur nationale impardonnable. Vous me dites : à droite, on dit que je fais une politique de gauche au-dehors ; à gauche, du reste vous le savez bien, on dit : de Gaulle, il est là pour la droite, pour les monopoles, pour je ne sais quoi. Le fait que les partisans de droite et les partisans de gauche déclarent que j’appartiens à l’autre côté, prouve précisément ce que je vous dis, c’est-à-dire que, maintenant comme toujours, je ne suis pas d’un côté, je ne suis pas de l’autre, je suis pour la France."
     
    (Charles de Gaulle, 15/12/1965)
     

     

    C'est précisément cette logique des blocs que récuse le candidat UDF à qui, hier, le Vert Daniel Cohn-Bendit a proposé de former « une autre majorité ». Dans le cadre d'un « partenariat présidentiel » qui associerait « un pôle écologiste » autour de Dominique Voynet et Nicolas Hulot, un « pôle central » avec Ségolène Royal, plus « l'UDF de François Bayrou ».

     

    La meilleure réponse est celle que François Bayrou a faite le lendemain sur France inter en expliquant qu'il souhaitait rassembler les Français autour de valeurs communes, et non sur une étiquette politique. "Il ne s'agit pas de changer de camp mais de sortir des camps. Il ne s'agit pas pour moi de remplacer le verrouillage à droite par un verrouillage à gauche", a expliqué le député béarnais sur France Inter.

    En tout cas, pour Jean-Christophe Cambadélis, le candidat centriste « ne peut être l'épine dorsale d'une recomposition politique » ayant « comme objectif de casser la gauche ».

     Force est de constater en définitive que désormais le « Cas Bayrou » inquiète les Oligarques qui se croyaient à l’abri !

    -          Parce qu’ils vivent du clivage gauche-droite existant, ils lui doivent leur carrière dans les appareils !

    -          Parce qu’ils sont incapables d’imaginer, d’innover et de comprendre en réalité l’urgence de s’atteler ensemble à résoudre les problèmes du Pays.

    -          Parce qu’ils appartiennent et sont tous prisonniers d’un ancien modèle, d’un système dépassé que les démocraties modernes commencent à remettre en cause.