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-luc bennahmias

  • Gauche – Droite : Le fétichisme des dogmes

    110258767.jpgPendant la dernière campagne un homme a créé la surprise en imaginant que l’état de la France nécessitait une Union Nationale, au-delà des clans, des camps, du mur de verre qui sépare en apparence ce Pays. On se souvient des quolibets que François Bayrou a alors essuyé dans la majorité comme dans l’opposition de l’époque. Sa méthode n’était pas l’ouverture qu’un médiocre imitateur a pensé instituer par la suite. Là où l’ouverture n’avait pour but que d’affaiblir une partie de son opposition, l’Union Nationale, elle, associait les grandes forces du Pays.

    Arc-boutés sur leurs certitudes les caciques de tout poils se sont battus pour  éviter de réconcilier ces deux parties de la France qui, pourtant, peu à peu, comprenaient le message de mieux en mieux malgré le brouillage et y adhéraient. Il fallait, disaient-ils, « rester fidèles à ses fondamentaux » lorsqu’ils refusaient d’imaginer que ne s’estompe cette frontière si pratique finalement aux esprits faibles.

    Et puis le verdict est tombé : Cela avait bien failli arriver mais non. Cette fois encore, le choc final traditionnel allait enfin nous être resservi après la frustration de 2002. La gauche la plus obtuse pouvait souffler. Elle savait que sa candidate n’avait aucune chance mais elle soufflait parce que l’important ce n’était pas de faire battre celui qui constituait un danger pour les principes fondamentaux de la République, ce n’était pas d’empêcher le champion des privilégiés, ce n’était pas de sauvegarder les grandes spécificités qui ont fait la puissance française et forcé le respect dans le monde, non, l’important c’était de continuer d’exister.120613851.jpg

    Mais ne nous y trompons pas. Si les cartes avaient été inversées, il se serait trouvée une tribune garnie de chauds partisans de l’obscurantisme droitier plus attachés à l’éternel affrontement simpliste qu’à la nécessaire transformation de la société, qu’au respect de l’orthodoxie de gestion des finances publiques (dont on voit ce qu'en beaucoup fait aujourd’hui le pouvoir), plus épidermiquement  réfractaires à tout aval possible à un centriste qu’au développement du tissu de PME.

    Il fallait vraiment pour tous ceux là que l’on serve encore à l’opinion l’illusion d’un choc « clair » osaient-ils dire, camp contre camp, bloc contre bloc. Le manichéisme politique allait encore triompher.

    Alors le triomphe prévu arriva et la surprise encore vint d’un homme, toujours le même, qui se tenait debout, qui ne pliait pas malgré les lâchages, les désertions, les trahisons et les coups bas. Mais cet homme n’était plus isolé parmi un cénacle de quelques élus. Des dizaines de milliers de citoyens avaient compris que la parenthèse actuelle demanderait des reconstructeurs une fois qu’elle serait achevée. Et ces dizaines de milliers de quidam, des « loosers » ou des « pov’cons » suivant la panoplie langagière en vogue, ces dizaines de milliers de simples citoyens n'avaient, pour la très grande majorité d’entre eux, aucune antériorité politique. Il se sont, à leur tour, emparés du message et ont voulu le faire vivre au sein d’un MOUVEMENT DEMOCRATE dans les 577 circonscriptions, puis dans les 36 000 communes, à la surprise des caciques qui croyaient en avoir fini avec le risque du bon sens.

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    Et nous retrouvons aujourd’hui, ces mêmes obtus de gauche, ces mêmes Torquemada de droite qui n’ont de cesse de tenter de décrédibiliser une démarche qui les dérange tant parce qu’elle remet en cause les dogmes aujourd’hui dépassés qui les engraissent. Comme pendant la présidentielle les serpents de gauche s’agitent avec leur très LCRiste slogan "100% à gauche" repoussant le MoDem comme la peste immonde, "pire que le sarkozysme, pensez-vous"… Et n’entendez-vous pas ces fielleux  maccarthistes, défenseurs ultra d’une caste lobotomisée de réactionnaires, dénoncer et pourfendre les « dérives gauchisantes » d’un Bayrou et « le ramassis de centristes-mous égarés dans l’illisibilité du MoDem » ? Ah ! ils en usent tous de la salive et de l’encre pour convaincre l’électorat que ce serait folie que de faire confiance à cette « aventure », cette « tambouille » et à ces « aventuriers », que rien ne vaut un message « tranché », « net » bref définitif.

    Et bien qu’ils continuent à psalmodier leurs cantiques d’une religion de LA GAUCHE ETERNELLE ou à réciter leurs bréviaires d’une DROITE FIERE ET DECOMPLEXEE. Ils seront tous, dans peu de temps, relayés dans les oubliettes et caveaux électoraux chers aux fétichistes des dogmes.

    La démarche du MoDem est complexe et est, en effet, tout sauf facile, tout sauf simple et tout sauf manichéenne parce que, surtout depuis les départs de certaines scories (il y en aura sans doute d’autres), des femmes et des hommes ont accepté de se rencontrer et ont pu constater combien certaines frontières étaient illusoires, artificielles et entretenues jusqu’ici par ceux qui, précisément, ne veulent surtout rien changer !

    Comme le crient, avec tant d’à propos, Jean-Luc Bennahmias et Raymond Pronier, tous deux venus des verts, « Reconnaissons-le, le MoDem est un objet étrange, une sorte d’OVNI et en général en politique on n’aime guère voir bouger les règles de ses petites batailles navales . Jusqu’à ce que la réalité devienne incontournable, on préfère rester sourd aux bruits d’un monde qui change que d’entendre des vérités qui dérangent ».