Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

C dans l'air

  • Calvi, Kahn, Rey et Touati, un vrai bonheur!

    Nous avons pris l'habitude de visionner a posteriori sur internet (Il est très rare que les animateurs de ce bog puissent la voir à son heure de diffusion sur la chaine) l'émission "C dans l'air" de France 5 présentée par Yves Calvi. Celle-ci, est un remarquable exemple de débat d'analystes, parfaitement didactique dont devrait s'inspirer les autres chaines.

    c28032148bef7ace6b892d571a9e9c10.jpg

     

    L'émission du 21 novembre baptisée "Négociations et sabotages" traitait de l'évolution qui semblait se présenter mercredi dans la grève concernant la réforme des régimes spéciaux.

    Visionner cette émission sur le site de la chaine, ICI >>>>>>

    Le débat qui s'est engagé sur ce plateau à cette occasion est un réel bonheur! La pertinence des analyses présentées par les protagonistes et leur échanges fait largement comprendre que le conflit qui semble suspendu à ce jour aurait pu être facilement évité si, en effet, comme tous les analystes, au fond en ont convenu, on avait ouvert une large réforme de tous les régimes en acceptant de négocier tout de suite des définitions de pénibilité pour tous les régimes, de décote éventuelle pour tous les régimes, de réajustement des prélèvements pour tous les régimes en fonction des types de métiers.

    Mais la stratégie présidentielle bien connue depuis plusieurs années maintenant est de toujours se trouver un affrontement de plus! De désigner, stigmatiser un responsabe de plus. Thatcher avait terrassé les mineurs, il fallait mettre à terre les "privilégiés" cheminots et gaziers, ces nantis! Par pur soucis d'équité!... Et de freiner l'ouverture des négociations, d'alterner sur tous les plateaux les bravades en tout genre, "même pas peur!"... jusqu'à ce que le manque de popularité prévisible de ce mouvement social coïncide bizarement avec un nouvel effritement de la cote de popularité présidentielle dans l'opinion, ce qui préoccupe au plus au point l'interressé, l'obnubile même comme on le sait et le rappele Jean-François Kahn.

    La solution avait été proposée par François Bayrou lors de la campagne de poser enfin une vraie réforme (et non un simple sacrifice unilatéral alors que d'autres catégories sociales, les plus aisées, s'étaient, il y a 4 mois à peine, vues accorder des avantages considérables) sans tabou (annuités, réduction des sur-cotisations, applicabilité progressive, décotes, intégration des primes, hausse salariales... ) puisque de toute façon il faudra l'année prochaine retrouver les mêmes acteurs avec de nouveaux sacrifices unilatéraux lors du débat concernant les régimes de retraite de plus de 17 millions d'actifs cette fois-ci ainsi que le rappelle Marc Touati.

    A vouloir tout bousculer si vite et souffler sur les braises d'une façon si "décompléxée", la France n'avait-elle pas mieux à faire que de se "payer" un conflit de la sorte? Mais... à l'automne 2005, la France n'avait-elle pas mieux à faire que de se "payer" également l'embrasement des banlieues?...

    Les invités de cette émission :

    Jean-François Kahn

    Journaliste, chroniqueur, Jean-François Kahn est fondateur et président de l'hebdomadaire Marianne. Il a par ailleurs dirigé Les Nouvelles littéraires, Le Matin de Paris et L'Evénement du jeudi, qu'il a créés. Il a publié plusieurs ouvrages, tels Les rebelles, paru aux éditions Plon, et Tout change parce que rien ne change, qui a été réédité par les éditions Fayard. Il vient de signer l'Abécédaire mal pensant, sorti chez Plon.

    Jean-Emmanuel Ray

    Professeur de droit du travail à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, où il dirige le master Ressources humaines, Jean-Emmanuel Ray enseigne également à Sciences-Po Paris. Il a signé l'ouvrage régulièrement actualisé Droit du travail. Droit vivant, publié aux éditions Liaisons.

    Marc Touati

    Economiste, Marc Touati est président du cabinet Aux commandes de l'économie et de la finance (Acdefi) et maître de conférence à Sciences-Po Paris. Il était auparavant directeur des études économiques chez Natexis Banques Populaires.