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Maskirovka

  • SMS et SARKOZY, Boomerang et Maskirovka

    A l’origine un exemple ( argh !) de travail journalistique sur le site du Nouvel Observateur (ici). Dans le sillage de ce pitoyable exercice sans aucune plus value ni en terme d’investigation ni en matière intellectuelle, l’ensemble de la profession prenant son courage à deux mains relaye la matière (nous ne pouvons écrire « l’info »), voir ici, et encore ici suivie par la multitude de blogs qui espèrent sans doute bénéficier du buzz pour accroître leurs statistiques de fréquentation et leur rang dans les différents annuaires.

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    Voici un exemple parfait du néant de l’investigation au profit d’une superbe maskirovka . C’est aussi l’exemple même de la facilité ambiante de beaucoup à un moment justement où l‘opinion aurait, au contraire, besoin d’une information documentée, étayée, argumentée sur des sujets autrement plus déterminants pour l’avenir du Pays et pour l’amélioration des conditions de vie des français !

     

    Il y a de quoi être furieux que les principaux relais d’opinion ne voient pas qu’en publiant de tels éléments invérifiables et futiles, ils font précisément le jeu de celui qui semble l’objet de leurs sarcasmes inutiles. Sauf à pouvoir exhiber le message original sur le portable de la destinataire en effet, sur quel élément peut reposer une telle polémique ?

     

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    L’effet boomerang ne se fera pas attendre. Il ne faut en effet pas être grand clerc pour prédire que celle-ci sera facilement utilisée par notre omni-candidat à son plus grand profit pour retourner l’opinion en sa faveur en montrant aisément combien les opposants éventuels en sont réduits au caniveau des allégations caricaturales. La rhétorique présidentielle aura beau jeu, dans un raccourci dont elle seule a le secret, d’amalgamer tous ceux qui critiquent ses méthodes et ses réformes en une masse inquiétante de dangereux radicaux prêts à toutes les bassesses pour contrer son « génial volontarisme ».

     

    Double bénéfice pour le pouvoir avec cette polémique stérile : Un élément de plus pour la victimisation à venir et surtout, pendant que tous les commentateurs se focalisent sur les échanges de textos, ils ne se consacrent pas à l’analyse des insuffisances, des mensonges éhontés et des erreurs grossières des affirmations présidentielles et des réformes politiques du gouvernement.

     

    C’est en effet une constante depuis le 6 mai : La presse et les commentateurs sont dépassés par l’avalanche de messages contradictoires sur autant de sujets lâchés par le pouvoir (rappel). Pressés par le flux de chantiers, les observateurs n’ont déjà pas le temps de creuser le fond des annonces superficielles d’une « rupture » permanente ! Etait-il donc si utile de se laisser aller sur un tel sujet ? Les animateurs de blogs qui se sont eux aussi laissés piéger dans une telle manœuvre n’ont pas à en être fiers ! Alors qu’ils revendiquent perpétuellement sur le web leur indépendance et la complémentarité de leurs écrits avec un système médiatique insuffisant, ils participent justement de la cacophonie ambiante et justifieront bientôt, s’ils persistent, la méfiance voire les mesures de contrôle du « media libre ».

     

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    Et pourtant les sujets ne manquaient pas cette semaine de s’intéresser à autre chose qu’aux échanges sentimentaux du président à commencer par son re-positionnement factice de « seul défenseur des usines et des ouvriers ». L’investigation exigeait seulement un peu de temps et de sérieux pour démontrer la mégalomanie démagogique de l’affirmation mensongère rappelée lundi de celui qui se prétend le « sauveur » d’Alstom !

     

    Le plan initial élaboré en fait par son prédécesseur à Bercy, Francis Mer ( « Une fois qu'il a renoncé à utiliser Areva, le ministre de l'Économie et des Finances, Francis Mer, monte un plan de sauvetage prévoyant, entre autres, l'intervention immédiate de l'État au capital d'Alstom » -  Le figaro 15/10/2007), les conditions de cession des chantiers navals à un groupe norvégien (Aker Yards), qui un an plus tard s’en désengageait au profit d’un constructeur sud-coréen en faisant à la fois une plus-value non négligeable ( voir par exemple ici) tout en empochant entre temps de juteux dividendes et, enfin, l’inquiétude actuelle des ouvriers de Saint-Nazaire (ici)et l’embarras manifeste des autorités ( voir ici ) concernant le secteur sensible de la construction navale militaire sont autant d’éléments facilement consultables par tous ceux qui entendent décortiquer la réalité d’une instabilité méthodologique, économique et stratégique.

    卡拉·吕尼

     谢谢您

     

     

  • STORYTELLING OU LA FIN D’UNE CIVILISATION POLITIQUE

    Le nouvel ordre narratif

    Dans ce livre, Christian Salmon poursuit l’analyse du « nouvel ordre narratif » à l’œuvre dans le monde contemporain, étude qu’il avait engagée dans son livre précédent, Verbicide, paru aux éditions Climats ( janvier 2005), puis dans la collection de poche d’Actes Sud, Babel, en avril 2007.

    Grâce à l’aimable autorisation de l’auteur, il est possible de lire la conclusion de ce livre sur le site Lekti-écriture.

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    Source : http://www.lekti-ecriture.com/contrefeux/Le-nouvel-ordre-narratif.html

     

    Extraits choisis :

    Sous l’immense accumulation de récits que produisent les sociétés modernes, se fait jour un « nouvel ordre narratif » (NON) qui préside au formatage des désirs et à la propagation des émotions – par leur mise en forme narrative, leur indexation et leur archivage, leur diffusion et leur standardisation, leur instrumentalisation à travers toutes les instances de contrôle.

    Cette mutation, on l’a vu, affecte désormais en profondeur les États-Unis, mais depuis les années 2000, elle gagne désormais l’Europe. En témoigne notamment la facilité avec laquelle les normes du NON ont commencé à s’installer en France, bousculant les clichés sur l’esprit cartésien et la solide tradition rationaliste venue des Lumières. La campagne électorale pour l’élection présidentielle du printemps 2007 en a fourni une illustration spectaculaire : tous les observateurs ont été désarçonnés par le nouveau registre emprunté par ses principaux acteurs, sans toujours voir que ses ressorts relèvent largement des techniques du storytelling made in USA.

    « Henri Guaino, une mythologie de la France »

    En juillet 2007, le conseiller de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, résumait ainsi, dans un entretien au Monde, sa contribution à la campagne présidentielle : « La politique, c’est écrire une histoire partagée par ceux qui la font et ceux à qui elle est destinée. On ne transforme pas un pays sans être capable d’écrire et de raconter une histoire. » Une déclaration qui a surpris certains, tant elle tranche avec la conception qu’on se faisait jusque-là en France du débat politique, mais qui témoigne à l’évidence de la conversion des élites politiques et médiatiques en France au NON.

    (…) La personnalité d’Henri Guaino, dont l’attachement au gaullisme a été complaisamment rapporté et mis en scène, n’est pas pour rien dans ce détournement du récit gaullien – mais aussi de la geste d’une gauche réduite aux noms de Clemenceau, Ferry et Blum – au profit de la story sarkozyenne. Une tribune publiée dans Le Monde en 2002 et cosignée par Henri Guaino et Nicolas Sarkozy ne s’intitulait-elle pas déjà : « Pour en finir avec un mythe… » « Pas plus qu’il ne suffît d’invoquer le nom du général de Gaulle, écrivaient nos deux démystificateurs, pour incarner une certaine idée de la France, il ne suffit d’invoquer les grandes figures des luttes sociales pour incarner la justice, la solidarité ou la République. » C’est pourtant précisément ce à quoi s’est employé, pendant la campagne de 2007, Henri Guaino, dont le rôle a sans doute été beaucoup plus important qu’on ne l’a dit, plus proche en tout cas de la fonction des spin doctors américains que du concept français de « plume » d’un candidat.

    Il suffit en effet de relire cette tribune de 2002 pour comprendre à quel genre de spin s’est livré Henri Guaino cinq ans plus tard. Qualifiant la gauche de « gauche imaginaire », débusquant sa « rhétorique mythologique », il ne proposait rien moins que de « déchirer le voile de la mythologie » : « Il y a une mythologie de la gauche, qui n’a rien à voir avec les valeurs, mais qui est extrêmement efficace. » C’est bien pourquoi, en 2007, lorsqu’il s’agira de « faire l’ouverture », c’est dans les rangs de cette gauche mythologique que Sarkozy recrutera, parmi ses mythographes attitrés tels Jack Lang, Bernard Kouchner ou Max Gallo. Cette ouverture n’évoque-t-elle pas d’ailleurs un épisode de la série américaine West Wing, lorsque le président Santos, à peine élu, appelle son concurrent républicain malheureux pour lui offrir le ministère des Affaires étrangères ? On sait que le Premier ministre François Fillon est un admirateur de la série 24 heures chrono. Si Sarkozy ou Guaino se révélaient être des fans de West Wing, il ne faudra pas s’étonner que la vie politique ressemble de plus en plus à une série télévisée américaine…

    Au cours de la campagne électorale de 2007, un blogger, « Aldor », a eu la bonne idée de recueillir – dans un post intitulé « Henri Guaino, une mythologie de la France » – des extraits des discours rédigés par son conseiller et prononcés par Nicolas Sarkozy lors de ses voyages en province. Son tour de France pourrait s’intituler « De l’utilité des légendes » : c’est un hymne à la gloire des populations locales, héritières d’une gloire ancienne et oubliée, chantée par un barde de l’identité française.

    (…) Guaino ne craint pas de forcer le trait. Son lyrisme trahit la visée mythographique, car il ne s’agit pas seulement d’émouvoir ou de séduire, mais d’assigner chacun à sa place dans la superproduction de « La France d’après », une distribution théâtrale pour quarante millions de figurants, un Puy-du-Fou géant, à l’échelle de la nation tout entière, convoquée pour jouer son rôle dans le péplum de la présidentielle.

    Les « histoires » de Nicolas et Ségolène

    C’est sans doute le seul changement notable de cette campagne : les hommes politiques et les médias, les journalistes et les experts ont brusquement changé leur façon de s’exprimer, ils se sont mis à raconter des histoires. Pour la première fois, la droite ne revendiquait plus l’indépendance nationale ni la gauche le progrès social. Des deux côtés, triomphait le kitsch. L’opinion publique le comprit d’instinct, colportant allègrement les rumeurs des scènes de ménage, des ruptures et des infidélités….

    La presse s’empara de la story des candidats, opposant une femme qui avait mis en échec le pouvoir patriarcal des « éléphants du PS » et un fils rebelle, qui mettait en scène depuis dix ans sa rupture avec le père-président. Ségolène et Nicolas, ayant tous les deux bénéficié très jeunes des faveurs du père (respectivement Mitterrand et Chirac), grandi dans son entourage immédiat et sous sa protection, se trouvèrent en situation de revendiquer le pouvoir. Ils le firent, affichant sans complexe ni tabou leur ambition nue : deux figures œdipiennes qui rompaient avec le père, mais aussi avec l’image du « père de la Nation » familière aux Français, depuis De Gaulle et même Pétain.

    (…) « J’ai changé ! », avait lancé Nicolas Sarkozy dès sa déclaration de candidature, ce qui ne fait sans doute pas un programme, mais signale à coup sûr le début d’une intrigue. De la même manière que les spin doctors républicains avaient construit la campagne victorieuse de George W. Bush en 2000 à partir de l’histoire personnelle de sa lutte victorieuse contre l’alcool, Nicolas Sarkozy a adapté les thèmes de la souffrance et de la rédemption, pour élaborer sa version française du conservatisme compassionnel : « J’ai changé parce que les épreuves de la vie m’ont changé. Je veux le dire avec pudeur, mais je veux le dire. […] Parce que nul ne peut rester le même devant le visage accablé des parents d’une jeune fille brûlée vive. Parce que nul ne peut rester le même devant la douleur qu’éprouve le mari d’une jeune femme tuée par un multirécidiviste condamné dix fois pour violences et déjà une fois pour meurtre. […] Je suis révolté par l’injustice et c’en est une lorsque la société ignore les victimes. Je veux parler pour elles, agir pour elles et même, s’il le faut, crier en leur nom. »

    Ségolène Royal, un instant distancée, a rejoint son adversaire à Villepinte le 11 février 2007, convoquant dans son premier discours de campagne le cortège de « ces pauvres vies brisées, ces familles humiliées, ravagées par la misère et l’iniquité, ces destins marqués au sceau d’une malédiction qui ne dit pas son nom. […] Il faut entendre et lire, dans les “cahiers d’espérance” issus de nos débats participatifs, le cas d’Odile, cette mère célibataire, admirable de courage et de dignité, qui attend un logement depuis quatre ans et raconte sa honte de vivre, avec ses deux filles, dans une chambre de douze mètres carrés. Il faut entendre Martine me dire, les yeux secs, le regard fier, mais avec des larmes dans la voix : “Quand les enfants sont invités à un goûter d’anniversaire, j’invente une excuse pour qu’ils n’y aillent pas, parce que je ne peux pas rendre l’invitation.” Il faut entendre ce père de famille alsacien que je n’oublierai, moi, jamais : “Je vis le RMI comme une maladie honteuse ; je ne veux pas être un assisté malgré moi ; je ne veux pas que les enfants me voient comme ça.” Ou encore, à Roubaix, l’histoire d’Adeline, terrorisée à l’idée de retrouver, après notre débat, un mari violent et dont elle ne sait pas qu’il sera capable, un jour, de la battre à mort, comme le subissent trois femmes par semaine. »

    La ferveur quasi religieuse entretenue autour de la figure maternelle de la candidate socialiste, constamment en position d’écoute, n’est pas sans rappeler l’histoire d’Ashley Faulkner mise en scène par l’équipe Bush, où l’on voyait le président accéder à une sorte de statut évangélique en serrant dans ses bras la fille d’une victime du 11 septembre (voir supra, chapitre 5). Au cours d’une émission télévisée, elle console un handicapé. Dans ses meetings, elle dit communier avec les « foules sentimentales ». À Jean-Pierre Chevènement, elle rappelle « ces peintures où l’on voit des personnes qui flottent entre ciel et terre ». « Je suis habitée », dit-elle. Nathalie Rastoin, sa conseillère en communication, traduit : « Elle est perchée . » Comme Roland Barthes l’écrivait de l’abbé Pierre, le mythe de Ségolène a bénéficié d’un atout précieux, la tête de la candidate. Ou plus exactement son sourire. Son iconographie abusait des effets de lumière et d’une gestuelle quasi christique. La « fulgurance » – le mot a été employé par l’un de ses conseillers – des débats participatifs s’est substituée à l’exercice de la démocratie, l’affichage de la compassion à l’expérience réelle de la solidarité. Et l’on pourrait alors se demander, avec Roland Barthes, « si la belle et touchante iconographie n’est pas l’alibi dont une bonne partie de la nation s’autorise, une fois de plus, pour substituer impunément les signes de la charité à la réalité de la justice ».

    Quand les cabinets de conseil américains abolissent la politique

    « En général, dans une campagne, écrivent Denis Bertrand, Alexandre Dézé et Jean-Louis Missika, trois spécialistes de sciences politiques qui ont étudié les discours des candidats, on s’intéresse au “fond” des discours : les projets pour la société française, la conception idéologique qui les sous-tend et les propositions de moyens pour les mettre en œuvre. Parfois, certains s’intéressent aux “manières de dire” des candidats, mais même dans ce cas, l’accent est mis sur l’argumentation rationnelle, la force de conviction comme moyen de gagner l’assentiment intellectuel d’un auditoire. On s’intéresse peu à l’adhésion émotionnelle … » Dans leur livre publié au lendemain de l’élection, délaissant cette approche trop classique à leurs yeux, ils emboîtent donc le pas des candidats et adaptent leurs méthodes d’analyse à cette mise en récit de la communication politique : « Nous ne cherchons pas à appréhender les discours de la campagne présidentielle 2007 en termes d’argumentation. […] Nous les examinons en tant que narration : des personnages sont en scène, ils agissent et ils luttent, des intrigues se nouent, des rebondissements se produisent, un récit se construit qui, dans une élection présidentielle, peut s’interpréter comme un récit à propos de la Nation . »

    Mais nos auteurs ne semblent pas s’aviser que cette « construction du récit » ressemble fort au ressort de certaines campagnes de publicité, comme celle qui a rajeuni en 2005 le bon vieil écureuil français de la Caisse d’épargne, laquelle n’est pas sans rappeler l’histoire de Squirrel Inc., le best-seller déjà cité de Steve Denning, le gourou américain du storytelling. Cette campagne a été réalisée par la filiale française de l’agence Ogilvy, l’une des plus importantes agences de publicité américaine, dont la directrice fut comme on l’a vu nommée en 2001 par Colin Powell sous-secrétaire d’État à la diplomatie, chargée de « vendre au monde les valeurs du Département d’État comme une marque » (voir supra, chapitre 7). La filiale d’Ogilvy est dirigée en France par Nathalie Rastoin, qui fut la conseillère de Ségolène Royal pour sa campagne. En décembre 2006, après les primaires socialistes, le magazine Stratégies salua d’ailleurs la victoire de la candidate sur les « hiérarques socialistes » par un article dont le titre était sans ambiguïté : « Ségolène Royal, naissance d’une “lovemark” . » Un concept marketing élaboré par le patron de l’agence Saatchi & Saatchi, Kevin Roberts, que nous avons croisé au début de ce livre (voir supra, chapitre 1). Auteur de Lovemarks. Le nouveau souffle des marques , Roberts est l’un de ceux qui ont adapté le storytelling au marketing.

    Si Ségolène Royal s’est à l’évidence pliée aux préconisations de ses conseillers en communication convertis au storytelling, Nicolas Sarkozy n’a pas été en reste. Car Henri Guaino, ardent adepte de ces techniques, n’a pas été son seul mentor en la matière, comme le raconte Le Monde : « Les parlementaires qui composaient le comité d’élaboration du programme législatif de l’UMP, réunis le 22 juin 2006, ont eu la surprise de découvrir aux côtés de François Fillon, responsable du projet UMP et futur Premier ministre, trois autres personnes inconnues appartenant au Boston Consulting Group, le leader mondial du consulting stratégique. Responsable de la direction des études de l’UMP, Emmanuelle Mignon s’en est expliquée : “Nous avions des experts, des députés avec des idées, mais pas de méthode de travail. BCG a comblé ce manque.” “Nous avons appris un autre langage”, assure un participant à ces séances de formation . »

    Comme l’affirme le site web de Bruxelles du Boston Consulting Group, « il n’y a aucune limite à l’influence des consultants du BCG » : « Notre firme a construit ses pratiques mondiales sur son leadership intellectuel et a aidé nombre de multinationales à modifier leur approche pour les rendre plus compétitives. Nos concepts sont enseignés dans les meilleures écoles de management partout dans le monde. […] Le BCG a ainsi pour clientes cinq cents des plus grandes entreprises en Amérique du Nord, Asie, Europe et Australie. » Et aussi, donc, des partis politiques…

    (…) Les « campagnes marketing » de Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal signent donc une profonde évolution – et peut-être une vraie rupture – dans la culture politique française. Formatés par leurs conseillers experts en storytelling, réduits à leurs talents respectifs pour appliquer les préconisations de « mise en scène » – et Sarkozy l’a nettement emporté sur ce terrain –, les deux candidats ont de concert contribué à délégitimer la politique : s’adressant aux individus comme à une « audience », évitant l’adversaire, contournant les partis, ils ont substitué au débat public la captation des émotions et des désirs.

     

     

    En clair, on nous a raconté des histoires !

  • Rappel : Ecran de fumée, Maskirovka, brouillage politique

    Nous avons planché longtemps sur les techniques politiques, militaires, ou pratiquées par les services de contre espionnage de nombreux régimes avant de redécouvrir le procédé systématique utilisé par les soviétiques durant notamment toute la guerre froide dans le bloc de l’est : La maskirovska ou "Maskirovka" suivant les auteurs.

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    "La Maskirovska, un procédé remis au goût du jour en France" Lire a suite ici >>>>