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agences de notation

  • Crise financière : Zorro est arrivé !

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    Comme toujours, Nicolas Sarkozy (qui voulait l’an dernier dépénaliser le droit des affaires… NDLR), après un silence pesant depuis des semaines sur le sujet, s’est successivement mis en scène, la semaine dernière, à New York et devant un parterre de militants UMP médusés à Toulon dans le rôle qu’il affectionne tant : Celui du Zorro surgissant du fond de la nuit courrant vers l’aventure au galop. Zorroooo Zorrooo Zorrooo !

     

    Soudain, celui qui se voulait l’avocat (le valet ?..) des puissants se mue en procureur médiatique des spéculateurs , des parachutés en lingots et des inconscients de la finance. Dingue ça ! A l’entendre, il faudrait désormais le croire lorsqu’il prétend vouloir s’attaquer aux responsables de la crise actuelle…

     

    Et dans sa foulée, ses habituels thuriféraires d’en rajouter comme lui sur la nécessaire lutte contre « un système, celui de la finance folle » (Figaro Magazine), contre « cette financiarisation de l’économie » engendrant des « comportements anormaux et immoraux » (Le figaro), contre même « la racaille de Wall Street » (Les échos)! Un seul mot d’ordre désormais « sus aux charognards ! », « A bas les prédateurs !» Demi tour donc (une fois de plus) pour la stratégie présidentielle !

     

    Sous la houlette d’Henri Guainot, le président cathodique n’a pas de mots assez durs maintenant pour un marché irresponsable et dans grand sac fourre-tout, il hurle à la terre entière que maintenant, avec lui, ça va chauffer ! Z’ont qu’à bien se tenir les banquiers, agents de notations, traders et autres margoulins du « milieu », il l’a dit, il les traquera jusqu’au bout de la nuit et leur fera rendre gorge !

     

    Comme toujours, il en fait trop ! Avec cette facilité populiste qu’on avait déjà détectée lors de ses sorties contre la BCE, les immigrés égorgeant des moutons dans les baignoires, ou les racailles de banlieues qu’il voulait karcheriser, il voudrait aujourd’hui qu’on gobe son attachement pour le rôle régulateur d’un Etat qu’il n’a eu de cesse de vilipender. Après tout, plus c’est gros… plus ça pourrait passer…

     

    D’ailleurs, derrière ces mots, quel début de commencement de faits ?

     

    Et surtout, cette précipitation soudaine, cet emballement, ce déluge de vociférations gratuites ne participent-elles pas à troubler l’opinion plus encore ? Ces discours anxiogènes, loin de rassurer les épargnants français, ne vont-ils pas participer de la panique jusqu’ici latente ?

     

    D’autant que s’en prendre ainsi en bloc à des boucs émissaires faciles parce que lointains (Wall  Street) ou intouchables parce qu’ayant depuis longtemps disparus en empochant les plus values (les premiers responsables de prêts hypothécaires douteux et les premiers titrisateurs), participe de ce dont il a le secret : la rodomontade gratuite et sans effet!

     

    Pour les agences de notation, comme l’indiquait, fort justement Oaz (En allant plus loin, je crois que c'est plutôt à mettre sur le dos des impossibilités d'information (à ce niveau là, on ne peut même plus parler d'asymétrie).En toute logique, quelqu'un qui épargne ou qui emprunte (puisque toutes les opérations financières se résument à ces 2 actions là) devrait avoir les moyens d'évaluer le risque qu'il prend. Et s'il y a bien un problème, c'est qu'il semblerait que, désormais, la plupart des intervenants en sont bien incapables au vu du nombre d'abstractions et d'indirections empilées les unes sur les autres. Pour les particuliers, on le savait déjà : placer son argent ou emprunter pour acheter un bien relève plus de la loterie qu'autre chose. La nouveauté c'est que nombre de "professionnels" en soient réduit au même niveau. Mettre cela sur le dos des agences de notation ne me parait pas fair-play : à chacun de prendre ses responsabilités.), leur mettre une grande partie des responsabilités sur le dos est en l’occurrence, sur ce point précis une erreur.

     

    Enfin, il faudra nous expliquer en quoi, pour le coup, même si certains niveaux de bonus sont effectivement attribués sans rapport avec l’efficacité du bénéficiaire, les golden parachutes sont responsables de la crise des subprimes…