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  • L'UMP et Fillon maltraitent une Secrétaire d'Etat, Juppé reviens! Ils sont devenus fous!

    Pour faire court, rappelons en préambule qu’il y a bien un domaine dans lequel nous avions ici salué le courage affiché par le Chef de l’Etat lors des annonces de clôture du Grenelle de l’Environnement (voir notre billet du  30 octobre dernier ).

     

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    Déjà nous avions mis en exergue le vrai travail de fond de a Secrétaire d’Etat, Nathalie Kosciusko-Morizet et émis des doutes quant à conviction profonde de son Ministre de tutelle sur les enjeux climatiques et environnementaux.

     

    Rappel des faits :

     

    ACTE I : Nathalie Kosciusko-Morizet, plus communément désignée par ses initiales NKM, avait donc déposé un projet de Loi relativement mesuré tirant les conclusions du Grenelle et de l’annonce du président de la République de la primauté du principe de précaution en matière de commercialisation OGM. L’annonce surprenante avait semblé traduire un début de prise de conscience de sa part d’un nécessaire mécanisme de vérification et de tests préalables qui jusque là manquaient pour le moins de transparence et d’impartialité.

     

    ACTE II : Les grands acteurs de la filière semencière ont alors engagé les meilleurs lobbyistes pour infléchir les parlementaires de tous bords.  Le sénat ainsi a considérablement modifié le texte en première lecture choisissant d’en faire un texte encore plus répressif à l’égard des faucheurs d’OGM tout en restreignant la portée des articles encadrant les cultures d’OGM.

     

    ACTE III : Le texte revenait à l’Assemblée au mois de mars et prenait un retard considérable suite aux dépôts de plusieurs centaines d’amendements.

     

    Parmi ces amendements celui qui devait mettre le feu aux poudres et déclancher la furie des PRO-OGM, celui d’un député communiste, André Chassaigne dans la nuit du 2 avril. Lors de la séance, peu de députés UMP pro-OGM étaient présents et la présentation de Monsieur Chassaigne avait retenu l’attention de certains députés UMP grâce à la restriction apportée sur le cultures participant de la chaîne des Appellations d’Origines Contrôlées, sans que NKM ne s’oppose à cet amendement (voir l'intégralité du débat). C’est justement ce qui avait cristallisé la vindicte des députés du groupe UMP mardi qui n’ont pas toléré cette « faiblesse ».

     

    ACTE IV : NKM mercredi livrait donc au Monde sa vision de la fatwa umpiste : « J'en ai marre d'être confrontée à une armée de lâches."… "J'appelle chacun à prendre ses responsabilités, répond-elle à ceux qui l'ont mise en cause. Il y a un concours de lâcheté et d'inélégance entre Jean-François Copé, qui essaie de détourner l'attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe, et Jean-Louis Borloo, qui se contente d'assurer le minimum. Si le travail de préparation préalable avait été fait dans le groupe, cela ne se serait pas produit. Ce n'est pas normal qu'il y ait eu si peu de députés de la majorité en séance. Manifestement, Copé n'arrive pas à tenir le groupe. Quant à Jean-Louis [Borloo], j'attends avec impatience qu'il vienne exprimer la parole unique du gouvernement dans l'Hémicycle. Quand il veut, il vient."

     

    C’est dur, courageux, et vérifiable en effet ! 

     

    Mais il n’en fallait pas plus au professeur Fillon pour réconforter de suite le chouchou Copé qui se transformait en chouchou de la classe cafeteur. Le premier Ministre, fait rarissime, exige publiquement alors de la part de sa Secrétaire d’Etat des excuses. Elle y consent sur la forme… mais il est clair qu’elle n’en pense pas moins sur le fond. Seul, hier le député UMP Grosdidier parcourait les plateaux pour prendre la défense de cette Secrétaire d'Etat courageuse et pour rétablir la réalité.

     

    Finalement le texte de Loi global, transfiguré par rapport aux conclusions du Grenelle de l'environnement, fût adopté mercredi par l'assemblée d'extrème justesse avant de poursuivre sa route vers une deuxième lecture au Sénat.

     

    Le fait est que le poids politique d’Alain Juppé, initialement  destiné à engager en profondeur une politique du développement durable, fait cruellement défaut ! Juppé, reviens, ils sont devenus fous !

     

    En tout cas, cette passe d'armes inédite entre membres de la même majorité a mis à jour, au delà, le malaise malsain de nombreux parlementaires devant les pratiques de lobbyistes et d'une majorité cannibalisée par des commissaires politiques de l'ombre.