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marciac

  • Parents, souhaitez-vous qu’on lâche des chiens dans les salles de cours de vos enfants?

    Très précisément : Parents, vos enfants pourraient être des consommateurs de produits stupéfiants, alors dès la 4 ème, lâchons des chiens dans leur salle de cours et soumettons-les à une fouille au corps ! Voilà le message qui ressort d’une vague d’opérations hallucinantes.

     

     

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    Nous en sommes tombés des nues ! Bien sûr nous savions que depuis quelques temps déjà la police ou la gendarmerie pouvait, à la demande du chef d’établissement, pénétrer l’enceinte d’un établissement. Nous imaginions que ce genre d’intervention était réservé à des cas graves de désordre manifeste, de dangers dus à une rixe, ou de la constatation d’un délit… mais pas à ce genre de descente policière plus susceptible de bouleverser pour longtemps les esprits que visiblement marquée de la moindre efficacité « préventive ».

     

    Nous fûmes d’abord attirés par un commentaire sur le blog Orange-Rouge-Vert. Puis en cherchant la confirmation des faits mentionnés, nous avons découvert que le Web se faisait l’écho d’une pratique de plus en plus courante. Et Olivier Bonnet (plume de presse) dans un post du 25 novembre en dressait un premier inventaire « stupéfiant ». Il est aujourd’hui confirmé par de nombreux articles dans la presse régionale que des descentes plus que musclées de forces de l’ordre accompagnées de chiens se généralisent dans les établissements secondaires… pas à Neuilly néanmoins !...

     

    Sous le prétexte en effet de « séances de prévention » contre la drogue, on fait irruption dans une classe, on somme les adolescents et les profs de ne pas bouger et on fait entrer un chien qui s’énerve sur certains cartables et sacs. Si le chien ne bronche pas, qu’à cela ne tienne : en fonction de la tête de l’élève on lui dit de sortir et on se livre à une fouille au corps digne d’un épisode de Cops ou Miami Vice. Et on s’acharne même quand on ne trouve rien.  «  On dirait qu’elle n’a pas de hash mais avec sa tête mieux vaut très bien vérifier! On ne sait jamais… »

     

    Mais où sommes nous ?

     

    Et les commentaires sur ces différents sites ou blogs n’en finissent plus d’évoquer des situations analogues… Une encore... on pourrait penser qu’il s’agit d’un dérapage ! Non là, ça se généralise ! Il y a donc une action concertée, voulue, décrétée coordonnée en ce sens !

     

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    Mais que cherche-t-on ? A faire peur ? A stigmatiser les gamins ? A montrer les gros bras de la force publique n’écoutant que son courage pour chasser du dealer jusque sous les pupitres ? Ne se rend-on pas compte qu’avec des méthodes de voyous, la République française est en train de se tirer une balle dans le pied ?

     

    Alors qu’il faudrait sanctuariser l’école, on la fait investir de façon agressive de la sorte et on renvoie justement aux gamins l’image qu’après tout, justement, l’école c’est comme la rue ! Et bien non justement, l’école se doit de renvoyer à l’enfant une autre image que celle de la rue, celle d’un lieu fait pour la concorde, le savoir, le raisonnement pas la force et l’agression !

     

    Comme l’écrit un syndicat enseignant : « La France voudrait créer des générations de rebelles aux représentants de la loi qu’elle ne s’y prendrait pas autrement… »

     

    Nous ne reprendrons qu’un des multiples commentaires que nous vous invitons à lire sur les liens indiqués pour vous rendre compte de la dérive. C’est celui  de Agnès Maillard la blogueuse du petit journal de Nogaro en date du Samedi 29 novembre 2008 à 11:06 :

     

    « Je ne crois pas trop à la vertu éducative de la peur du gendarme. Je crois encore moins qu’il soit souhaitable que les gosses pensent que les gendarmes sont les ennemis et non des gens chargés de protéger les citoyens. Et je ne pense pas non plus que la répression brutale soit la réponse adaptée à la consommation de drogue. Évidemment, comme il est a peu près interdit d’en parler autrement qu’en diabolisant, il est difficile d’éduquer sur la question des stupéfiants.

    Personnellement, je respecte le code de la route, non pas parce que j’ai peur de prendre une prune, mais parce que j’ai compris que c’est une bonne façon d’éviter de prendre un arbre! »

     

    A ce rythme là, en effet, l’école va droit dans l’arbre !

     

    Car enfin soyons sérieux :

     

    1°) Qu’on invite des représentants des forces de l’ordre dans les établissements ou qu’on organise des visites de gendarmeries pour sensibiliser les jeunes aux méfaits des stupéfiants et aux activités délictuelles annexes c’est plus que judicieux. Il y a même (nous en connaissons) d’excellents pédagogues dans les brigades spécialisées capables, sur la base d’exposés particulièrement documentés, de laisser dans les esprits des informations capitales qui pourront plus tard les sauver ou les convaincre de s’écarter de la drogue.

     

    Mais qu’on monte sciemment de telles manœuvres d’intimidations spectaculaires est plus qu’improductif ! C’est, surtout si une enquête sérieuse démontrait la véracité des propos décrivant une ambiance pour le moins nauséabonde, un excès de pouvoir.

     

    2°) Même si le chien renifle effectivement des traces de substances prohibées, qu’est-ce que cela signifie si on ne trouve rien sur lui ? Qu’il a été dans un lieu dans lequel il s’en consommait. Ses parents ? Des consommateurs dans une fête, un concert ?... Que cherche-t-on lorsqu’on interroge une gamine de 4 ème sur  les personnes qui vivent chez elle, sur son entourage ? Voudrait-on impressionner des ados pour qu’ils dénoncent leurs proches ?...

     

    3°) Les grands et prestigieux établissements de l’ouest parisien ou du Quartier Latin vont-ils bientôt avoir le droit de goûter à de telles pratiques ? L’usage de stupéfiants exige des fonds. De nombreux rapports font état d’une particulière progression de la consommation de cannabis et de cocaïne chez les jeunes de milieux plutôt favorisés… La ministre de l’Intérieur envisage-t-elle de pourfendre les jeunes dealers partout ou bien… sa maternelle protection ne privilégie-t-elle que la province ? Statistiquement, PRAGMATIQUEMENT comme il est d’usage de le claironner dans les allées du pouvoir actuel, les résultats en matière de saisies seraient-ils aussi pitoyables qu’à Auch, Limoux ou Marciac ?

     

    3°) Enfin, un point technique : Ces descentes se généralisent visiblement en milieu rural ou du moins dans de petites villes. Or la réaction d’un chien même spécialisé dans la recherche de stupéfiant est immédiate par exemple à une trace d’odeur de femelle en période de gestation. N’importe quel Maître-chien digne de ce nom confirmera ! Et il est d’autant plus statistiquement possible pour un gamin à la campagne d’être en contact avec qu’en ville.

     

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    Cette dérive est stupide, contre-productive et un aveu de faiblesse de notre société ! François Bayrou, n’a pas varié sur le sujet de la présence de la police à l’école même lorsque l’électorat en 1996 le réclamait :« La collaboration de la police et de la justice au sein des établissements se fait lors des enquêtes et de la prévention. Je suis contre la présence de la police à l'école. La loi du plus fort n'est pas la loi de l'école, sinon, c'est une défaite ».

     

    Et il poursuivait en s’opposant déjà à Sarkozy : «  "Sanctus", cela veut dire "inviolable", cela ne veut pas dire "saint". Le sanctuaire est un lieu qui doit être protégé même quand il y a la guerre autour. L'école est le lieu où la violence doit être bannie, le lieu où doit régner la loi du plus généreux, de l'éducation et de la transmission de la liberté. ». Il tint le même langage en 2005 en s’opposant au projet de Robien-Sarkozy en la matière et pendant la campagne de 2007 !