27.01.2009
Pécresse, Jego, Létard, Besson et les autres…
Nous avions donné, lors d'un précédent billet, notre palmarès des ministres durant les 18 premiers mois du gouvernement Fillon 2, première mouture. Nous avions laissé à nos lecteurs la possibilité de livrer leurs propres appréciations. Après le dernier remaniement ministériel, nous sommes entrés dans une nouvelle phase et nous vous livrons donc le résultat de vos suffrages :
1°) Meilleur ministre :
Si votre choix de Nathalie Kosciusko-Morizet est conforme au nôtre pour la première place, vous plébiscitez ensuite Valérie Pécresse plutôt que Jean-Pierre Jouyet :
2°) Valérie Létard (Secrétaire d'État chargée de la Solidarité - NDLR) , visiblement méritait une meilleure place à vos yeux dans notre classement puisque à plus de 20%, vous auriez aimé qu'elle apparaisse dans le choix possible pour le meilleur ministre parmi les 10 possibles ci-dessus.
3°) Indiscutablement, nombre d'entre les lecteurs de notre blog considèrent qu'Yves Jego (Secrétaire d'Etat à l'Outre Mer - NDLR) est encore moins à sa place au gouvernement que Bernard Laporte qui pour ce qui nous concerne remportait la cuillère de bois.
4°) Eric Besson quant à lui, aurait eu, d'après vous, largement sa place dans les 10 ministres du fond de classement puisque près de 48% auraient aimé qu'il figure dans le choix possible pour le titre du pire des ministre du gouvernement Fillon 2 (première version) devant Santini, Albanel, Joyandet et Marleix.
Rappel de notre classement au 19 décembre 2008 :
1 Nathalie Kosciusko-Morizet avec 17,67
2 Jean-Pierre Jouyet avec 17,33
Suivent 9 ministres qui recueillent la moyenne :
3 Hervé Novelli avec 14,83
4 Éric Woerth avec 13,67
5 Valérie Pécresse avec 12,50
6 Martin Hirsch avec 12,33
7 Michel Barnier avec 11,83
8 Laurent Wauquiez avec 11,67
9 Rama Yade avec 11
10 Jean-Marie Bockel avec 10,83
11 Christian Blanc avec 10
Puis, vient un large groupe de ministres médiocres :
12 Luc Chatel avec 9,83
12 Bernard Kouchner avec 9,83
12 Christine Boutin avec 9,83
12 Fadela Amara avec 9,83
16 Valérie Létard avec 9,67
16 Christine Lagarde avec 9,67
16 Xavier Darcos avec 9,67
18 François Fillon avec 9,5
18 Anne-Marie Idrac avec 9,5
18 Alain Joyandet avec 9,5
21 Christine Albanel avec 9,17
22 Brice Hortefeux avec 8,5
23 André Santini avec 8,33
24 Jean-Louis Borloo avec 8,17
25 Éric Besson avec 8
26 Alain Marleix avec 7,83
27 Dominique Bussereau avec 7,5
27 Michèle Alliot-Marie avec 7,5
29 Hubert Falco avec 7,33
Et, enfin, les derniers de la classe :
30 Yves Jégo avec 6,83
31 Xavier Bertrand avec 6,67
32 Nadine Morano avec 5,5
33 Roselyne Bachelot-Narquin avec 5,17
33 Christian Estrosi avec 5,17
35 Hervé Morin avec 4,67
36 Roger Karoutchi avec 4,5
37 Rachida Dati avec 3,33
38 Bernard Laporte avec 1,33
Nous vous rappelons également que la méthodologie que nous avions retenue pour notre "palmarès était la suivante :
Pour cette évaluation, nous nous en sommes tenus à des critères de jugement excluant notre appréciation politique des personnes concernées. Ainsi, par exemple, Brice Hortefeux à nos yeux est en charge d’un ministère très contestable, que politiquement nous combattons. Mais nous avons voulu juger de son action sans tenir compte du préjugé défavorable dû à la politique suivie. Il s’agissait donc de dresser le bilan en faisant abstraction de notre désaccord général vis-à-vis du gouvernement et du programme présidentiel.
Pour ce faire, nous avons retenu 5 critères d’appréciations :
La compétence : Il s’agissait d’apprécier tant les aptitudes ministérielles préexistantes des acteurs mais aussi la capacité qu’ils ont eu depuis leur nomination à s’imprégner des dossiers dans le cadre de leurs fonctions.
L’écoute et le dialogue : Il s’agissait ici de mesurer leur capacité de comprendre les différents acteurs de leur secteur ministériel et de négocier avec eux.
L’efficacité : Nous avons ici voulu juger des conséquences de leurs actions ministérielles tant pour améliorer les choses pour nos concitoyens que pour avoir su ou non créer une synergie avec les acteurs clefs du secteur ministériel concerné. Toujours en excluant nos propres préférences politiques. C’est ce qui explique notamment le très bon classement d’Eric Woerth qui mène globalement une politique avec laquelle nous sommes en désaccord mais dont l’action est créditée d’une excellente note d’efficacité.
La langue de bois : Il s’agissait ici de noter la capacité de chacun de masquer ses vraies aspirations au fil des explications publiques ou de nier la réalité des faits.
Le sectarisme : Ce critère nous apparaissait indispensable à mesurer pour un gouvernement du XXIème siècle. Il tient compte de la volonté manifestée par chaque acteur de s’inscrire plus dans un combat idéologique que dans leur tâche ministérielle.
Pour finir, l’efficacité ainsi définie, est affectée d’un cœfficient 2 et les autres critères d’un coef 1.
07:51 Publié dans gouvernement | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nkm, eric besson, yves jego, valérie létard, gouvernement, fillon |
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17.01.2009
Le remaniement ministériel inutile d'un obsédé de la rupturologie

Les remaniements ministériels sont toujours l'occasion d'un jeu de chaises musicales mais ils sont en général justifiés par une réorganisation structurelle rendue nécessaire pour donner une nouvelle impulsion à la politique gouvernementale à la suite d'une situation sociale, politique ou économique nouvelle.
Le dernier en date, non seulement ne remplit aucune ambition nouvelle, mais en plus il consacre le régime courtisan en vigueur, manifeste un désordre anxiogène totalement en déphasage avec la situation économique et trahit finalement le seul et unique objectif présidentiel : l'agitation perpétuelle au service de son ego.
Lorsque les historiens se pencheront dans 10, 20 ou 50 ans sur la période actuelle ils auront bien du mal à faire comprendre à leurs contemporains l'illusion collective sarkozyste qui s'est installée depuis déjà 7 ans dans notre pays. Comme ils le font aujourd'hui pour comprendre les pires travers qui ont émaillé l'histoire des peuples, ils chercheront les causes sociologiques et culturelles qui ont, peu à peu, déstabilisé les consciences pour leur faire accepter trois mystifications : Le mythe de l'homme politique utilement hyperactif, celui de la rupturologie permanente au prix de l'acceptation tacite du renoncement au progrès social et enfin celui de tous les leviers de pouvoir (gouvernement, administration, justice, parlement, presse) obligatoirement vassalisés pour être efficaces.
Ce dernier remaniement ministériel servira sans aucun doute leurs analyses. Car enfin, qu'a-t-on constaté?

- Un ministre du Travail, flatteur parmi les flatteurs, flagorneur en chef, indiscutablement le plus zélé thuriféraire du Chef de l'Etat, le douceureux Xavier Bertrand quitte le gouvernement pour prendre le secrétariat général du parti du président. Jugé particulièrement efficace à son poste ministériel par l'Élysée, pourquoi dans ce cas, le quitte-t-il? Pour recadrer, remettre au pas un parti qui commençait à manifester en son sein des désillusions, des velléités d'insoumission, de nouvelles ambitions iznogoudiennes faisant à terme courir de menus risques au calife actuel!

- Son remplaçant n'est autre que Brice Hortefeux, le « meilleur ami » de trente-trois ans du président, aux fins manifestes de remplacer plus tard le premier ministre actuel François Fillon. En quittant, sans trop de regrets le très contestable ministère de l'Identité nationale et de l'Immigration dont il a essuyé les plâtres, il compte bien se constituer dorénavant une image un peu plus flatteuse rue de Grenelle et récupérer au passage le secteur de la Ville (on se demande encore bien la logique…) , ainsi que Fadela Amara pour laquelle il aura, très vite d'ailleurs, eu le réflexe de soupçonner une identité étrangère...

- Christine Boutin, justement peu en odeur de sainteté auprès du monarque républicain, est ainsi dépouillée d'une partie de ses prérogatives pour ne conserver que le Logement.

- Roselyne Bachelot et Bernard Laporte avaient subi un sort comparable au début de la semaine dernière en perdant la Jeunesse au profit du haut-commissaire Martin Hirsch par ailleurs toujours en charge à ce jour des solidarités actives contre la pauvreté. Jeunesse et pauvretés actives un amalgame douteux ou l'admission tacite d'un échec du régime à redonner confiance en l'avenir?... Où se situe la logique une fois de plus si ce n'est celle d'un coup médiatique de casting? N'eût-il pas été plus efficient de remplacer le plus notoirement incompétent des secrétaires d'État?

- Éric Besson, symbole public de la trahison, exhibé à foison comme l'illustration suprême de la rouerie manœuvrière du prine au service de la déstabilisation recherchée de l'opposition, connaît une "promotion" en guise de nouvelle provocation envers ses anciens amis socialistes, en passant du secrétariat d'État à l'Économie numérique et à la Prospective au ministère occupé jusqu'à présent par Brice Hortefeux. Très en cour actuellement, Besson devrait aussi prendre du galon à l'UMP (qu'il va rejoindre) pour occuper un poste de secrétaire général adjoint.
- Enfin, la seule surprise est une mauvaise surprise :

Nathalie Kosciusko-Morizet quitte le secrétariat d'État à l'Environnement et Jean-Louis Boorlo (avec lequel elle entretenait des relations difficiles) pour remplacer Éric Besson. Il n'y avait qu'à prendre connaissance des propos du premier commentateur sur ce point (Boorlo lui-même s'empressant de déclarer à l'AFP pour désamorcer toute interprétation différente : "C'est une fille de grande qualité. Je suis très content de l'avoir entendue heureuse lorsqu'elle m'a appelé après sa nomination") pour comprendre qu'il avait finalement obtenu gain de cause auprès de son maître en se débarrassant ainsi d'une gêneuse à ses côtés, plus efficace et talentueuse.

Pas vraiment une promotion, à première vue d'autant que si l'on voulait la voir disparaître bientôt totalement du gouvernement on ne s'y prendrait pas autrement puisqu'on lui confie ainsi un secteur ministériel qui la mettra immédiatement sous la suspicion d'un conflit d'intérêt compte tenu des activités de son frère Pierre Kosciusko Morizet, Pdg fondateur de PriceMinister. Nul doute, que la partie la plus farouchement hostile à cette brillante jeune femme dans l'électorat et la presse conservateurs saura relayer les accusations et insister sur cette sororité ("soeur de Pierre Kosciusko-Morizet, fondateur et directeur du site de vente en ligne PriceMinister.com et président de l'Association française pour le commerce et les services en ligne") pour finalement parvenir dans quelques semaines ou mois à ses fins et faire ainsi place nette pour un affidé pressé.

Notons au passage : Nathalie Kosciusko-Morizet, qui sera directement rattachée au Premier ministre (comme l'était Éric Besson), s'est réjouie de disposer d'une plus grande autonomie - ce qui est une manière de reconnaître qu'elle n'en avait guère avec Borloo. Le nom de son remplaçant n'est pas encore connu.« On cherche encore le profil », confie-t-on à Matignon, embarrassé par une précipitation aussi ostensible . Car après le Grenelle 1 que NKM avait su faire voter à l'unanimité, il y a le Grenelle 2 à faire voter, et Boorlo n'est pas particulièrement réputé pour se délecter d'interminables heures passées au Parlement.

Le pouvoir et l'UMP font ainsi coup double en maskirovka en déstabilisant également le concurrent MPF sur leurs terres électorales en laissant quelques jours auparavant filtrer le nom du sénateur villiériste Bruno Retailleau soi-disant pressenti pour remplacer Éric Besson, histoire de jouer l'ouverture à droite après la gauche...
En résumé :
- Une totale désorganisation ministérielle au seul profit des plus assidus des courtisans.
- Des coups tordus aux prétendants, gêneurs et opposants. Ne manquent à l'appel (mais pour peu de temps) que les nouvelles prises au MoDem auxquelles tout le monde pense...
- Aucune avancée fondamentale pour améliorer le sort des français.
- Une seule préoccupation majeure : remettre au pas le parti du président.
19:35 Publié dans Ecran de fumée - Maskirovska | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gouvernement, nkm, nathalie kociusko-morizet, besson, xavier bertrand, hortefeux, fadela amara |
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19.12.2008
Palmarès du gouvernement : Eric Besson n'a plus rien à faire!
Nicolas Sarkozy, l'an dernier, avait chargé Eric Besson d'une évaluation pour chaque ministre. Et bien il n'a plus rien à faire. Il lui suffirait de reprendre notre classement.
Le 2ème gouvernement Fillon est en place depuis exactement 18 mois aujourd'hui. Il est temps de tirer un premier bilan des différents ministres. Ainsi que nous vous l’annoncions mercredi, nous vous livrons le palmarès des différents ministres (les nominations de Devedjian et de Le Maire étant trop récentes, nous n’en avons pas tenu compte).
Figurez-vous que nous avions oublié la période ministérielle pourtant fort marquante (pour les comptes publics) d’un éminent serviteur du chef de l’Etat en la personne de Christian Estrosi… Si si ! Nous l’avions oublié !
Omission réparée, ce dernier se classe, sans véritable surprise, dans le peloton de queue 33ème ex aequo sur 38 avec Roselyne Bachelot ! Mais, il fait du même coup chuter la moyenne gouvernementale à 9,37.
Ainsi se distinguent très nettement 2 personnalités brillantes (et non clinquantes !) dont nous avons maintes fois ici salué le travail :
1 Nathalie Kosciusko-Morizet avec 17,67
2 Jean-Pierre Jouyet avec 17,33
Suivent 9 ministres qui recueillent la moyenne :
3 Hervé Novelli avec 14,83
4 Éric Woerth avec 13,67
5 Valérie Pécresse avec 12,50
6 Martin Hirsch avec 12,33
7 Michel Barnier avec 11,83
8 Laurent Wauquiez avec 11,67
9 Rama Yade avec 11
10 Jean-Marie Bockel avec 10,83
11 Christian Blanc avec 10
Puis, vient un large groupe de ministres médiocres :
12 Luc Chatel avec 9,83
12 Bernard Kouchner avec 9,83
12 Christine Boutin avec 9,83
12 Fadela Amara avec 9,83
16 Valérie Létard avec 9,67
16 Christine Lagarde avec 9,67
16 Xavier Darcos avec 9,67
18 François Fillon avec 9,5
18 Anne-Marie Idrac avec 9,5
18 Alain Joyandet avec 9,5
21 Christine Albanel avec 9,17
22 Brice Hortefeux avec 8,5
23 André Santini avec 8,33
24 Jean-Louis Borloo avec 8,17
25 Éric Besson avec 8
26 Alain Marleix avec 7,83
27 Dominique Bussereau avec 7,5
27 Michèle Alliot-Marie avec 7,5
29 Hubert Falco avec 7,33
Et, enfin, les derniers de la classe :
30 Yves Jégo avec 6,83
31 Xavier Bertrand avec 6,67
32 Nadine Morano avec 5,5
33 Roselyne Bachelot-Narquin avec 5,17
33 Christian Estrosi avec 5,17
35 Hervé Morin avec 4,67
36 Roger Karoutchi avec 4,5
37 Rachida Dati avec 3,33
38 Bernard Laporte avec 1,33
Rappel de la méthodologie :
Pour cette évaluation, nous nous en sommes tenus à des critères de jugement excluant notre appréciation politique des personnes concernées. Ainsi, par exemple, Brice Hortefeux à nos yeux est en charge d’un ministère très contestable, que politiquement nous combattons. Mais nous avons voulu juger de son action sans tenir compte du préjugé défavorable dû à la politique suivie. Il s’agissait donc de dresser le bilan en faisant abstraction de notre désaccord général vis-à-vis du gouvernement et du programme présidentiel.
Pour ce faire, nous avons retenu 5 critères d’appréciations :
La compétence : Il s’agissait d’apprécier tant les aptitudes ministérielles préexistantes des acteurs mais aussi la capacité qu’ils ont eu depuis leur nomination à s’imprégner des dossiers dans le cadre de leurs fonctions.
L’écoute et le dialogue : Il s’agissait ici de mesurer leur capacité de comprendre les différents acteurs de leur secteur ministériel et de négocier avec eux.
L’efficacité : Nous avons ici voulu juger des conséquences de leurs actions ministérielles tant pour améliorer les choses pour nos concitoyens que pour avoir su ou non créer une synergie avec les acteurs clefs du secteur ministériel concerné. Toujours en excluant nos propres préférences politiques. C’est ce qui explique notamment le très bon classement d’Eric Woerth qui mène globalement une politique avec laquelle nous sommes en désaccord mais dont l’action est créditée d’une excellente note d’efficacité.
La langue de bois : Il s’agissait ici de noter la capacité de chacun de masquer ses vraies aspirations au fil des explications publiques ou de nier la réalité des faits.
Le sectarisme : Ce critère nous apparaissait indispensable à mesurer pour un gouvernement du XXIème siècle. Il tient compte de la volonté manifestée par chaque acteur de s’inscrire plus dans un combat idéologique que dans leur tâche ministérielle.
Pour finir, l’efficacité ainsi définie, est affectée d’un cœfficient 2 et les autres critères d’un coef 1.
Si vous êtes curieux de découvrir comment nous avons noté ces ministres pour chaque critère consultez le tableau.
08:47 Publié dans gouvernement | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : fillon, dati, laporte, nkm, jouyet, estrosi, karoutchi |
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17.12.2008
18 mois de gouvernement : le palmarès
Comme nous vous le disions dans un précédent billet, nous nous sommes consultés pour dégager le palmarès des ministres du gouvernement Fillon. Vendredi prochain en effet, cela fera exactement 18 mois que le second gouvernement Fillon est en place puisqu’il fût mis en place le 19 juin 2007.
Le premier gouvernement Fillon ayant eu une existence éphémère exclusivement destinée à mener les élections législatives de juin 2007, nous n’avons pas retenu cette période dans nos évaluations. Nous avons tenu, par souci d’objectivité à ne juger bien sûr ni Patrick Devedjian ni Bruno Le Maire, leur nomination étant trop récente.
Nous vous livrons d’ores et déjà les 6 meilleurs puisqu’il est peu probable que les deux jours qui viennent modifient ce classement tant l’écart avec ceux qui suivent est net:
1 Nathalie Kosciusko-Morizet avec 17,70/20
2 Jean-Pierre Jouyet avec 17,30/20
3 Hervé Novelli avec 14,80/20
4 Éric Woerth avec 13,70/20
5 Valérie Pécresse avec 12,50/20
6 Martin Hirsch avec 12,30/20
Pour les mêmes raisons nous vous livrons également les 7 plus mauvais résultats :
31 Xavier Bertrand avec 6,67/20
32 Nadine Morano avec 5,50/20
33 Roselyne Bachelot-Narquin avec 5,17/20
34 Hervé Morin avec 4,67/20
35 Roger Karoutchi avec 4,50/20
36 Rachida Dati avec 3,34/20
37 Bernard Laporte avec 1,34/20
A noter que la moyenne générale de l’ensemble du gouvernement n’est pas si dramatique : 9,48/20. Ce résultat brut est sans doute du d’une par aux très bons scores des 3 premiers et aux notes plutôt magnanimes que nous avons attribuées en matière de compétence à la majorité des acteurs.
Pourtant 11 seulement des 37 notés ont la moyenne. Le premier des ministres (nous préférons cette dénomination pour celui qui a réussi pendant 18 mois à délégitimer la fonction de Premier ministre) obtenant une modeste 18ème place avec 9,5/20 ex æquo avec Anne-Marie Idrac et Alain Joyandet.
Vendredi, nous vous donnerons l’intégralité de nos résultats, mais vous proposons dès maintenant de livrer vos propres estimations ici en marge gauche ou ici.
Précisions méthodologiques :
Pour cette évaluation, nous nous en sommes tenus à des critères de jugement excluant notre appréciation politique des personnes concernées. Ainsi, par exemple, Brice Hortefeux à nos yeux est en charge d’un ministère très contestable, que politiquement nous combattons. Mais nous avons voulu juger de son action sans tenir compte du préjugé défavorable dû à la politique suivie. Il s’agissait donc de dresser le bilan en faisant abstraction de notre désaccord général vis-à-vis du gouvernement et du programme présidentiel.
Pour ce faire, nous avons retenu 5 critères d’appréciations :
La compétence : Il s’agissait d’apprécier tant les aptitudes ministérielles préexistantes des acteurs mais aussi la capacité qu’ils ont eu depuis leur nomination à s’imprégner des dossiers dans le cadre de leurs fonctions.
L’écoute et le dialogue : Il s’agissait ici de mesurer leur capacité de comprendre les différents acteurs de leur secteur ministériel et de négocier avec eux.
L’efficacité : Nous avons ici voulu juger des conséquences de leurs actions ministérielles tant pour améliorer les choses pour nos concitoyens que pour avoir su ou non créer une synergie avec les acteurs clefs du secteur ministériel concerné. Toujours en excluant nos propres préférences politiques. C’est ce qui explique notamment le très bon classement d’Eric Woerth qui mène globalement une politique avec laquelle nous sommes en désaccord mais dont l’action est créditée d’une excellente note d’efficacité.
La langue de bois : Il s’agissait ici de noter la capacité de chacun de masquer ses vraies aspirations au fil des explications publiques ou de nier la réalité des faits.
Le sectarisme : Ce critère nous apparaissait indispensable à mesurer pour un gouvernement du XXIème siècle. Il tient compte de la volonté manifestée par chaque acteur de s’inscrire plus dans un combat idéologique que dans leur tâche ministérielle.
Pour finir,l’efficacité ainsi définie, est affectée d’un cœfficient 2 et les autres critères d’un coef 1.
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13:10 Publié dans gouvernement | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nkm, jean-pierre jouyet, hervé novelli, eric woerth, valérie pécresse, fillon, laporte |
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14.12.2008
Merci Jean-Pierre Jouyet
Sécrétaire d’Etat aux Affaires Européennes jusqu’à vendredi dernier, Monsieur Jouyet a eu un mérite colossal à nos yeux : avoir pu rattraper les gesticulations brutales du président auprès de nos partenaires européens. Grâce à lui, le pire fût évité. Il a su colmater le manque d’enthousiasme européen de départ de la sarkozie triomphante incarné par les propos et positions souvent blessants d’un Henri Guaino.
D’un naturel opposé au bling-bling du pouvoir actuel, Jean-Pierre Jouyet, tout en discrétion et en simplicité, a, par exemple, été fort utile pour rattraper le coup de l'Union pour la Méditerranée avec les Allemands comme il le fût sur l'adhésion de la Turquie à l'UE, ou les relations avec la Banque centrale européenne (BCE). Cet homme de dossier, ainsi que tout le monde le reconnaît, a été une vraie chance pour la présidence française et son expertise financière n’est pas pour rien dans l’inflexion des Conseils successifs liés à la crise économique.
Ce grand commis de l’Etat, ancien directeur du cabinet de Jacques Delors, lorsque ce dernier était président de la Commission européenne de 1991 à 1995, par sa connaissance des acteurs, des mécanismes et des grands enjeux de la construction européenne, a dû développer des trésors de diplomatie pour modérer les excès sarkoziens d’autoritarisme et de nombrilisme durant la présidence française de l’Union. Nous espérons que son successeur, Bruno Le Maire aura le même talent et pourra retisser l’axe franco-allemand qui est le seul point sur lequel Jean-Pierre Jouyet, malgré tous ses efforts, n’aura pu tempérer le fond et la forme de l’antagonisme affiché par le pouvoir français.
Nous aurons l’occasion bientôt (nous avons patienté tout de même plus de 18 mois NDLR) d’exposer ici notre jugement sur les ministres du gouvernement Fillon. Monsieur Jouyet restera, en tout cas, dans le haut de notre classement avec Nathalie Kosciusko-Morizet, Hervé Novelli, Valérie Pécresse et (cela va surprendre nombre de nos lecteurs sans doute) Éric Woerth.
Vous ne serez pas surpris en revanche du peloton de queue de notre palmarès gouvernemental qui comprend Bernard Laporte, Roger Karoutchi et Rachida Dati
Nous souhaitons bon vent à Jean-Pierre Jouyet et le même succès dans ses nouvelles fonctions à la tête de l’AMF ! Mais nous disons aussi à ce GRACQUE… à bientôt en politique!
Liens utiles : le blog européen de Jean-Pierre Jouyet et portrait sur canal+
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17:28 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jean-pierre jouyet, bruno le maire, amf, gouvernement, gracques, nkm, guaino |
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22.10.2008
Le Figaro veut-il vraiment la peau d'une ministre?
Ils sont vraiment incroyables au Figaro!
Alors que l'évènement hexagonal de la journée d'hier était le vote quasi-unanime de l'Assemblée Nationale en faveur du projet de Loi baptisé Grenelle 1, ce quotidien n'a pas pu accepter que le seul texte adopté dans ces conditions depuis que leur poulain est à l'Elysée ait été porté, négocié et travaillé par Nathalie Kosciusko-Morizet. Non ça, c'était au dessus de leurs forces!
Alors voici le papier qui en résulte : "L'UNION NATIONALE DERRIERE BORLOO"
Alors, Borloo a sans doute un don pour la récup et tout le monde sait qu'il n'a pas son pareil pour se faire mousser par ses contacts media. Mais voilà aussi comment ce journal, peu à peu, se transforme en un vulgaire tract de propagande. Tract encombrant certes (et pas donné) dans sa version papier, mais tract quand même!
D'autant que ce n'est pas une première et que l'OCS (l'Organe central de la Sarkozie) n'en rate pas une pour enfoncer NKM. Jugez plutôt certain titres à son égard :
-Le 10 avril dernier : "Premier revers pour l'ambitieuse NKM "
- Le 23 septembre : " Nathalie Kosciusko-Morizet pourrait perdre sa mairie "
Alors, rendons ici à Cléopatre ce qui appartient à Cléopatre : Depuis que la Secrétaire D'Etat a eu l'audace de fustiger publiquement la «lâcheté» et l'«inélégance» de Jean-François Copé, le patron des députés UMP, et de Jean-Louis Borloo, son ministre de tutelle, elle semble être devenue la proie d'une vendetta de la part des plus conservateurs fidèles de la majorité.
"Cher, avez-vous vu cette ministre faire la bise à ce paysan de Bové?... c'est d'un genre..."
Pourtant, si hier, pour la première fois depuis que leur champion est au pouvoir, un texte est voté dans ces conditions, ces thuriféraires zélés le doivent à l'énergie de Madame Kosciusko-Morizet et non à Monsieur Borloo comme tente de l'instiller le Figaro dans l'esprit de son lectorat-électorat.
Certes ce texte de Loi n'est pas parfait! Notamment en ce qui concerne l'incinération (voir le communiqué de CAP21). Mais il a le mérite de fixer un cap enfin au grand désespoir des principaux lobbies. Et ça, c'est NKM! Cette jeune femme politique (qui est à notre avis, nous y reviendrons, le membre du gouvernement le plus efficace et compétent sur ses dossiers) est allée le plus loin qu'il était sans doute possible avec un tel gouvernement et une telle majorité pour faire avancer le développement durable.
Finalement, nous plaignons ceux qui ne lisent que cette propagande. D'ailleurs lisez les autres titres dans la marge de droite (sic) : La crise sème la zizanie au PS; Ce que les ministres d'ouverture disent du PS; PS, avant Reims, les petits calculs, La crise offre un nouveau rôle à Fillon aux cotés de Sarkozy; Sarkozy fidèle au gaullisme etc, etc...
06:45 Publié dans environnement, Presse - Media | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : borloo, nkm, nathalie kosciusko-morizet, grenelle, environnement, figaro |
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11.04.2008
L'UMP et Fillon maltraitent une Secrétaire d'Etat, Juppé reviens! Ils sont devenus fous!
Pour faire court, rappelons en préambule qu’il y a bien un domaine dans lequel nous avions ici salué le courage affiché par le Chef de l’Etat lors des annonces de clôture du Grenelle de l’Environnement (voir notre billet du 30 octobre dernier ).
Déjà nous avions mis en exergue le vrai travail de fond de a Secrétaire d’Etat, Nathalie Kosciusko-Morizet et émis des doutes quant à conviction profonde de son Ministre de tutelle sur les enjeux climatiques et environnementaux.
Rappel des faits :
ACTE I : Nathalie Kosciusko-Morizet, plus communément désignée par ses initiales NKM, avait donc déposé un projet de Loi relativement mesuré tirant les conclusions du Grenelle et de l’annonce du président de la République de la primauté du principe de précaution en matière de commercialisation OGM. L’annonce surprenante avait semblé traduire un début de prise de conscience de sa part d’un nécessaire mécanisme de vérification et de tests préalables qui jusque là manquaient pour le moins de transparence et d’impartialité.
ACTE II : Les grands acteurs de la filière semencière ont alors engagé les meilleurs lobbyistes pour infléchir les parlementaires de tous bords. Le sénat ainsi a considérablement modifié le texte en première lecture choisissant d’en faire un texte encore plus répressif à l’égard des faucheurs d’OGM tout en restreignant la portée des articles encadrant les cultures d’OGM.
ACTE III : Le texte revenait à l’Assemblée au mois de mars et prenait un retard considérable suite aux dépôts de plusieurs centaines d’amendements.
Parmi ces amendements celui qui devait mettre le feu aux poudres et déclancher la furie des PRO-OGM, celui d’un député communiste, André Chassaigne dans la nuit du 2 avril. Lors de la séance, peu de députés UMP pro-OGM étaient présents et la présentation de Monsieur Chassaigne avait retenu l’attention de certains députés UMP grâce à la restriction apportée sur le cultures participant de la chaîne des Appellations d’Origines Contrôlées, sans que NKM ne s’oppose à cet amendement (voir l'intégralité du débat). C’est justement ce qui avait cristallisé la vindicte des députés du groupe UMP mardi qui n’ont pas toléré cette « faiblesse ».
ACTE IV : NKM mercredi livrait donc au Monde sa vision de la fatwa umpiste : « J'en ai marre d'être confrontée à une armée de lâches."… "J'appelle chacun à prendre ses responsabilités, répond-elle à ceux qui l'ont mise en cause. Il y a un concours de lâcheté et d'inélégance entre Jean-François Copé, qui essaie de détourner l'attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe, et Jean-Louis Borloo, qui se contente d'assurer le minimum. Si le travail de préparation préalable avait été fait dans le groupe, cela ne se serait pas produit. Ce n'est pas normal qu'il y ait eu si peu de députés de la majorité en séance. Manifestement, Copé n'arrive pas à tenir le groupe. Quant à Jean-Louis [Borloo], j'attends avec impatience qu'il vienne exprimer la parole unique du gouvernement dans l'Hémicycle. Quand il veut, il vient."
C’est dur, courageux, et vérifiable en effet !
Mais il n’en fallait pas plus au professeur Fillon pour réconforter de suite le chouchou Copé qui se transformait en chouchou de la classe cafeteur. Le premier Ministre, fait rarissime, exige publiquement alors de la part de sa Secrétaire d’Etat des excuses. Elle y consent sur la forme… mais il est clair qu’elle n’en pense pas moins sur le fond. Seul, hier le député UMP Grosdidier parcourait les plateaux pour prendre la défense de cette Secrétaire d'Etat courageuse et pour rétablir la réalité.
Finalement le texte de Loi global, transfiguré par rapport aux conclusions du Grenelle de l'environnement, fût adopté mercredi par l'assemblée d'extrème justesse avant de poursuivre sa route vers une deuxième lecture au Sénat.
Le fait est que le poids politique d’Alain Juppé, initialement destiné à engager en profondeur une politique du développement durable, fait cruellement défaut ! Juppé, reviens, ils sont devenus fous !
En tout cas, cette passe d'armes inédite entre membres de la même majorité a mis à jour, au delà, le malaise malsain de nombreux parlementaires devant les pratiques de lobbyistes et d'une majorité cannibalisée par des commissaires politiques de l'ombre.
07:15 Publié dans environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, modem, mouvement démocrate, nkm, ogm, chassaigne, grosdidier |
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