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titrisation

  • Crise financière : La stratégie CYA

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    « Cover Your Ass ! », planque tes fesses en français dans le texte fût bien le mot d’ordre de tous ceux (majoritaires) qui avaient en charge de gérer les actifs pourris dont ils avaient hérité aux fils de ces années. Alors on vit apparaître sur le marché des instruments financiers toujours plus nombreux, toujours plus complexes. Présentés officiellement sur toutes les places financières comme suffisamment sophistiqués pour garantir aux acquéreurs de tout risque, ils n’étaient pour la très grande majorité que des tours de prestidigitation. La manœuvre était simple, amalgamer de façon suffisamment opaque des titres déjà contaminés avec d’autres valeurs, elles-mêmes complexes pour qu’aucun acquéreur ne s’aperçoive de l’embrouille et le refiler ainsi maquillé le plus vite possible au voisin. Cette « titrisation par strates successives finit par créer ex nihilo une frénésie de valeurs dont même les créateurs finissaient par ne plus savoir exactement ce qu’elles représentaient.

     

    Dans le meilleur des cas, il s’agissait de couvrir en effet des risques clairement explicables en les adossant à des valeurs plus stables et saines. Mais de plus en plus, la réelle filouterie consistait à planquer suffisamment le risque pour leurrer le chaland (l’institution financière voisine).

     

    Par titrisation successives, les apprentis magiciens de la finance devenaient sans le mesurer vraiment des Dr Jekill ne maîtrisant plus  les Mr Hyde qu’ils avaient créés.

     

    Beaucoup se rendent compte, aujourd’hui, que sous le terme "se couvrir" on avait en fait planqué un fatras de données que personne ne maîtrisait. Personne donc n'est capable d'expliquer le "truc" du prestidigitateur mais les faits (le réel) est têtu et les 3600 milliards de $ partis en fumée en une semaine sur les marchés attestent que la réalité a rattrapé la fiction.

     

    Or l'origine actuelle de la crise est précisément dans la multiplication des strates de titrisation pour "couvrir" au fur et à mesure les risques de ceux qui s'apercevaient au fil des mois que leurs positions sur des titres contaminés par la part qu'ils renfermaient de crédits octroyés à la hussarde à des emprunteurs insolvables.

    Se "couvrir" d'un risque clairement énoncé, en effet n'est pas condamnable en soi. Mais depuis des années, l'imbrication toujours plus complexe ne visait plus cela. Il s'agissait de "planquer ses fesses" ou plus clairement de maquiller une valeur mobilière qu'on savait pourrie dans une nouvelle entité suffisamment obscure pour qu'aucun acquéreur ne soupçonne l'embrouille. Le résultat c'est aussi qu'on a ainsi contaminé des valeurs parfaitement saines (celles qui se retrouvent parfaitement sous-évaluées aujourd'hui).

    Oui la finance est utile!

    Oui c'est une activité indispensable pour le développement d'autres activités humaines!

    Tous les acteurs consciencieux du monde financier auront sans doute à coeur de démonter comme nous les mécanismes (dominants NDLR) de ce secteurs qui ont conduit à mettre tous les financiers, banquiers, assureurs dans le même sac que les prestidigitateurs "audacieux" qu'on nous présentait encore il y a peu comme les génies de la modernité, les nouvelles stars du XXIème siècle décomplexé du tabou de l'argent...

  • Crise financière : Lorsqu’on vous parle de « couverture » de risques, méfiez-vous !

    Si la titrisation se bornait à ce qu’on annonçait partout comme la panacée en matière de couverture explicable de risques clairement définis, la vie financière serait merveilleuse! Mais c’est feindre d'ignorer ici ce que regroupe en pratique ce vocable : Il s'agit dans 80% des cas d'amalgamer dans un seul titre négociable une foultitude de valeurs (actions, obligations, options diverses, et sous-titres même). Si bien que même ceux qui créent ces instruments ne savent pas en réalité avec précision ce qu'ils représentent!

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    Non la finance n'est pas LA MECHANTE FINANCE mais l'inflation de nouveaux instruments financiers intangibles l'a transformée depuis dix ans en une machine infernale, un Mr Hyde qu'aucun Dr Jekill ne pouvait arrêter.

    Notre principal contradicteur (Olivier) sur plusieurs blogs (dont celui de C. Ginisty) écrivait lui-même :

    "Il existe une multitude de produits (rien que pour la titrisation, on titrise des prêts hypothécaires de bonne ou moins bonne qualité, des prêts auto, des prêts à la consommation, des créances clients -cédées par des entreprises, un genre d'affacturage-, des primes d'assurance -y compris l'assurance sur la santé de joueurs de foot ou de risques de catastrophes naturelles, les fameux "cat bonds"-, de la dette sur des projets d'infrastructure, d'énergie ou même cinématographiques, ...). Du coup, une immense variété de produits, une complexité parfois énorme (par exemple les "CDO squares", où on prend divers titres issus de titrisations -des CDO-) on les met dans un véhicule, et on re-titrise la dette du véhicule. "

    Formidable!

    Et nous apprécions particulièrement sa conclusion :

    " Et juste en précision: je ne défend pas la finance, mais j'espère avoir contribué à faire comprendre que la finance, comme l'économie en général, a des bons et des mauvais côtés, des mécanismes vertueux et d'autres pervers, et que rien en finance n'est apparu sans raison, sans un besoin économique (la bourse pour faciliter les levées de fonds des entreprises, les dérivés pour des besoins trop nombreux pour être énumérés, comme par exemple se protéger contre une hausse ou une baisse des taux de change ou d'intérêts, etc...). "


    Nous espérons, pour notre part avoir contribué à faire comprendre que la finance, comme l'économie en général, a des bons et des mauvais côtés, des mécanismes vertueux et d'autres pervers, mais que tout en technique boursière et financière n’est pas vertueux et même que depuis principalement une dizaine d’années, en fait peu de chose ont été créées autrement qu’en ayant soin de fourguer à autrui ce qu’on avait eu la voracité spéculative d’acquérir sans contrôle. Tout dépend de la définition qu'on donne à "se protéger"...

     

    Nous pourrions, nous aussi faire notre la conclusion d'Olivier («éviter de jeter le bébé avec l'eau du bain et de critiquer à tout va, et d'un bloc, le monde de la finance. »). Encore faudrait-il que le monde financier dominant cesse de se comporter comme une élite d'habiles (tant que personne n'est pris) prestidigitateurs.

    Comme le relevait KaG (ici), aujourd'hui, beaucoup se rendent compte que sous le terme "se couvrir" on avait en fait planqué un fatras de données que personne ne maîtrisait. Personne donc n'est capable d'expliquer le "truc" du prestidigitateur mais les faits (le réel) est têtu et les 3600 milliards de $ partis en fumée en une semaine sur les marchés attestent que la réalité a rattrapé la fiction.

    Se "couvrir" d'un risque clairement énoncé, en effet n'est pas condamnable, comme le mentionnait Olivier. Mais depuis des années, l'imbrication toujours plus complexe ne visait plus cela. Il s'agissait de "planquer ses fesses" ou plus clairement de maquiller une valeur mobilière qu'on savait pourrie dans une nouvelle entité suffisamment obscure pour qu'aucun acquéreur ne soupçonne l'embrouille. Le résultat c'est aussi qu'on a ainsi contaminé des valeurs parfaitement saines (celles qui se retrouvent parfaitement sous-évaluées aujourd'hui).

    Oui la finance est utile!

    Oui c'est une activité indispensable pour le développement d'autres activités humaines!

    Et de la même manière qu’il convenait de se montrer plus circonspect lorsqu’on nous faisait naguère l’éloge du marché autorégulé, l’apologie de la réussite facile et de la nécessaire valeur bienfaitrice de l’argent-roi, il faut aujourd’hui se méfier des parures torquemadesques d’un Sarko-guevara presque prêt à légitimer demain l’établissement de Kolkhozes et Sovkhozes financiers !

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    Précision : Bien qu'ayant, pour quelques uns d'entre nous, suivi des études assez poussées en économie, bourse ou finance, aucun d'entre les Alcibiade n'exerce de profession dans le secteur bancaire, boursier ou même dans un des pans du secteur public chargé de contrôler (wouarf!) le secteur financier. Cela ne nous rend pas plus objectifs ou crédibles... mais pas moins!